Ahmed El Attar : "Salma, c'est une Antigone égyptienne"
Le metteur en scène égyptien Ahmed El Attar présente sa pièce "Salma, Mon amour" en tournée en France : une famille de la haute bourgeoisie cairote implose après le 7 octobre 2023..
Ahmed El Attar est un metteur en scène égyptien reconnu pour son engagement dans les arts contemporains. Il a fondé en 2012 le festival D-CAF au Caire, un événement dédié à la danse et au théâtre contemporains. Ce festival, aujourd’hui à sa 14e édition, se déroule à proximité de la place Tahrir, un lieu symbolique des révolutions égyptiennes. El Attar alterne entre ses activités en Égypte et des tournées internationales, comme celle de sa pièce Salma, mon amour, jouée au Festival d’Avignon en 2026 avant de se produire en France. Son travail interroge souvent les tensions sociales et politiques de son pays, en les abordant avec un ton à la fois tragique et comique.
Salma, mon amour est une pièce de théâtre écrite et mise en scène par Ahmed El Attar. Elle explore les conséquences du 7 octobre 2023, date marquée par une escalade du conflit israélo-palestinien, sur une famille de la haute bourgeoisie cairote. L’intrigue suit Salma, une jeune femme absorbée par les réseaux sociaux, dont le fil d’actualité est soudain submergé par les images de la guerre à Gaza. Cette confrontation brutale avec la réalité politique déclenche chez elle une prise de conscience progressive. En parallèle, sa famille, coupée des réalités sociales, reste indifférente à ces événements. La pièce mêle ainsi tragédie et comédie pour dépeindre les contradictions de cette classe sociale égyptienne, sans épargner ses privilèges ni son déni.
La pièce s’inscrit dans un contexte politique et social égyptien marqué par des tensions persistantes. Le 7 octobre 2023 correspond à une date charnière dans le conflit israélo-palestinien, où les violences ont connu une intensification majeure. En Égypte, pays voisin de Gaza, cette crise a eu un retentissement particulier, notamment au sein des classes aisées, souvent perçues comme déconnectées des réalités populaires. Ahmed El Attar utilise ce cadre pour illustrer les fractures internes à la société égyptienne, entre une jeunesse en quête de sens et une élite conservatrice. La pièce reflète ainsi les débats contemporains sur l’engagement politique et l’influence des réseaux sociaux dans la formation des opinions.
Après sa création au Caire, Salma, mon amour a été présentée au Festival d’Avignon en 2026, un événement majeur du théâtre contemporain en France. La pièce est ensuite en tournée dans plusieurs villes françaises, dont Bobigny, Bayonne, Nantes, Douai et Marseille entre novembre 2026 et novembre 2026. Ces représentations s’adressent à un public francophone et s’inscrivent dans une démarche de diffusion internationale de la création égyptienne. La tournée permet de confronter les spectateurs français aux enjeux politiques et sociaux abordés dans la pièce, tout en offrant une visibilité accrue au travail d’Ahmed El Attar.
Ahmed El Attar compare Salma, le personnage principal de sa pièce, à *Antigone*, figure mythologique grecque incarnant la résistance face à l’autorité injuste. Dans la tragédie antique, Antigone défie le roi Créon pour enterrer son frère, symbole de la lutte pour la justice et la dignité humaine. De manière similaire, Salma incarne une jeune femme égyptienne qui, confrontée à l’horreur de la guerre, se révolte contre l’indifférence de son entourage. Cette comparaison souligne le combat de Salma pour une prise de conscience collective, malgré l’opposition de son milieu social. Le parallèle met en lumière la dimension universelle de l’histoire, transposée dans un contexte égyptien contemporain.

