Un ancien élu suisse accusé de multiples viols et agressions sexuelles sous soumission chimique
Le parquet d’Argovie, un canton du nord de la Suisse, a requis la perpétuité contre un ancien élu de l’UDC, un parti populiste de droite. Il est accusé d’avoir à de nombreuses reprises drogué, violé et agressé, tout en les filmant, son épouse puis sa nouvelle compagne polonaise et sa fille mineure..
Patrick Frei, un homme âgé de 57 ans, est accusé de multiples crimes sexuels et violents en Suisse. Ancien député au Grand Conseil cantonal d’Argovie et membre du parti politique de droite populiste Union démocratique du centre (UDC), il a été arrêté en septembre 2023 dans le nord de la Suisse. L’affaire, initialement peu médiatisée, a pris une dimension grave trois ans plus tard avec la publication de l’acte d’accusation du ministère public argovien. Les charges retenues contre lui sont lourdes : viols, contraintes sexuelles, actes sexuels avec des enfants et même une tentative de meurtre. Le parquet d’Argovie a demandé une peine de perpétuité à son encontre. L’accusé, présumé innocent, conteste ces accusations.
Entre 2008 et 2021, Patrick Frei aurait infligé un « martyre » à son épouse, selon les termes du diffuseur public suisse RTS. Les enquêteurs estiment qu’il l’aurait droguée et abusée sexuellement au moins 140 fois pendant cette période. Les substances utilisées, notamment des somnifères et des sédatifs, auraient été commandées en ligne et provenaient vraisemblablement du Cambodge. Après leur séparation en 2021, Patrick Frei aurait reproduit des actes similaires sur une nouvelle compagne, une femme polonaise nommée Iwona L. Les enquêteurs affirment avoir retrouvé des vidéos filmées par l’accusé, qui serviraient de preuves dans cette affaire.
Patrick Frei est actuellement en détention provisoire en Suisse, dans l’attente de son procès. L’affaire a été rendue publique par le titre régional alémanique Aargauer Zeitung, qui souligne que les détails concrets des accusations ont longtemps été tenus secrets. Le ministère public argovien, institution responsable des poursuites pénales dans le canton d’Argovie, a requis une peine de perpétuité, ce qui signifie une condamnation à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. L’accusé nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. Cette affaire met en lumière les violences sexuelles conjugales et l’utilisation de substances pour faciliter ces actes, un phénomène parfois appelé soumission chimique.
Patrick Frei était membre de l’*Union démocratique du centre* (UDC), un parti politique suisse de droite populiste. Fondé en 1971, l’UDC est l’un des principaux partis du pays, connu pour ses positions conservatrices et son opposition à l’immigration. Frei avait été élu député au *Grand Conseil cantonal d’Argovie*, une assemblée législative régionale en Suisse. Son appartenance à ce parti a attiré l’attention médiatique sur l’affaire, notamment en raison du contraste entre son image publique et les accusations portées contre lui. L’UDC n’a pas encore réagi publiquement à cette affaire.

