Iraq is emerging as the Middle East’s strategic connector – but can it turn foreign competition into advantage?
Iraqi Prime Minister Ali al-Zaidi speaks at the U.S. Iraq Business Summit at the U.S.
En juillet 2026, le Premier ministre irakien Ali al-Zaidi a mené une tournée diplomatique majeure, débutant par une visite officielle aux États-Unis du 19 juillet 2026, où il a rencontré le président Donald Trump. Cette visite avait pour objectif de renforcer les liens avec Washington et de séduire des investisseurs américains, notamment dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures. Al-Zaidi prévoit ensuite de se rendre en Iran, puis au Qatar, en Arabie saoudite, en Turquie et en Syrie. Cette stratégie vise à légitimer son gouvernement sur la scène intérieure et à attirer des investissements étrangers, tout en positionnant l'Irak comme un acteur clé dans la région. Ces déplacements s'inscrivent dans un contexte où Bagdad cherche à jouer un rôle de médiateur entre les États-Unis et l'Iran, deux pays en confrontation croissante depuis 2026, notamment après des frappes américaines contre des infrastructures civiles en Iran.
L'Irak occupe une position géographique stratégique au Moyen-Orient, ce qui en fait un acteur de plus en plus courtisé par les grandes puissances régionales et internationales. Depuis la défaite de l'organisation État islamique en 2017 et la chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie en 2026, Bagdad est perçu comme un pays stable et connecté, capable de servir de pont entre l'Occident, l'Iran et les pays du Golfe. Cette centralité s'explique aussi par la localisation de l'Irak, qui borde des pays clés comme la Syrie, l'Iran, la Turquie et l'Arabie saoudite. Les États-Unis, l'Iran, la Chine et les monarchies du Golfe voient désormais l'Irak comme un partenaire essentiel pour leurs stratégies respectives : sécurité, énergie, commerce ou investissements. Par exemple, l'Iran utilise l'Irak comme un corridor pour étendre son influence en Syrie et au Liban, tandis que les États-Unis cherchent à moderniser les infrastructures irakiennes et à développer son secteur énergétique.
L'Irak entretient des relations complexes avec plusieurs acteurs internationaux, chacun ayant des objectifs différents mais convergents sur la nécessité de s'engager avec Bagdad. Les États-Unis, après des années de focalisation sur la lutte contre le terrorisme, misent désormais sur une coopération économique et énergétique, comme en témoignent les 48 accords signés avec des entreprises américaines en juillet 2026, dont des contrats avec Chevron pour les champs pétrolifères de West Qurna 2 et Nassiriya. L'Iran, bien que rival des États-Unis, maintient une forte influence en Irak via des milices locales et des liens commerciaux, notamment dans les secteurs de l'énergie et des transports. La Chine, quant à elle, investit massivement dans les infrastructures irakiennes, comme les projets de la société China National Petroleum Corporation, tout en cherchant à sécuriser l'accès aux ressources énergétiques. Les pays du Golfe, comme l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, voient dans l'Irak un partenaire économique pour réduire leur dépendance à l'Iran et renforcer leur propre stabilité régionale.
L'Irak se positionne comme un État intermédiaire, capable de naviguer entre les rivalités des grandes puissances pour en tirer profit. Son gouvernement, dirigé par Ali al-Zaidi, tente de tirer parti de cette position en jouant un rôle de médiateur, notamment entre les États-Unis et l'Iran. Bagdad a même proposé d'accueillir des négociations entre ces deux pays, une initiative qui pourrait renforcer son statut sur la scène internationale. Cette stratégie repose sur la capacité de l'Irak à maintenir des liens avec des acteurs aux intérêts opposés, tout en évitant de s'aligner exclusivement sur l'un d'eux. Par exemple, l'Irak collabore avec Washington sur des questions de sécurité tout en préservant ses relations économiques avec Téhéran. Ce rôle de médiateur est rendu possible par la diversité des partenariats de l'Irak, qui incluent des accords commerciaux, des investissements et des collaborations énergétiques avec des pays aux orientations politiques divergentes.
Malgré son rôle géopolitique croissant, l'Irak fait face à des défis majeurs qui pourraient limiter sa capacité à transformer ses atouts en avantages durables. Le principal obstacle est la faiblesse des institutions irakiennes, marquée par la corruption, le clientélisme et une gouvernance fragmentée. Par exemple, le gouvernement peine à intégrer les milices armées sous son contrôle, notamment celles alignées sur l'Iran, qui bénéficient de financements et d'une autonomie politique depuis des décennies. Sans une réforme profonde, ces groupes pourraient continuer à peser sur les décisions nationales, limitant la souveraineté de Bagdad. De plus, la dépendance économique de l'Irak vis-à-vis de ses partenaires extérieurs, comme la Chine ou les États-Unis, risque d'affaiblir sa capacité à négocier des accords équilibrés. Enfin, une escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran pourrait plonger l'Irak dans une crise majeure, mettant en péril ses ambitions de stabilité et de développement.
L'Irak possède les cinquièmes réserves pétrolières mondiales, ce qui en fait un acteur clé dans le secteur énergétique. Les États-Unis et les entreprises comme *Chevron* ont signé des accords pour moderniser les infrastructures pétrolières irakiennes, notamment dans les champs de *West Qurna 2* et *Nassiriya*, estimés à plusieurs milliards de dollars. La Chine, quant à elle, investit massivement dans les projets d'infrastructure, comme les routes, les chemins de fer et les centrales électriques, pour sécuriser l'accès aux ressources énergétiques et étendre son influence économique. Les pays du Golfe, comme l'Arabie saoudite, voient dans l'Irak un partenaire pour diversifier leurs exportations et réduire leur dépendance à l'Iran. Cependant, cette dépendance aux investissements étrangers pourrait aussi renforcer les inégalités internes et limiter la capacité de l'Irak à développer une économie diversifiée et autonome. Les revenus pétroliers, bien que substantiels, ne suffisent pas à couvrir les besoins d'une population jeune et en croissance.

