ACEUM : Québec se réserve le droit de se déclarer « non lié », rappelle le ministre Skeete
Le gouvernement Fréchette s'inquiète des négociations actuelles entre Ottawa et Washington..
Le Québec fait face à une menace immédiate de la part des États-Unis : l’administration du président Donald Trump menace d’imposer de nouveaux droits de douane sur les exportations québécoises dès le 20 août 2026. Ces tarifs douaniers supplémentaires pourraient toucher jusqu’à 9 % des exportations du Québec, représentant un impact potentiel de 7 milliards de dollars. Cette situation crée une tension économique majeure, alors que le Québec prépare une réponse d’urgence. La première ministre Christine Fréchette a convoqué une réunion secrète avec les principaux acteurs économiques du Québec, dont le Conseil du patronat du Québec (CPQ), la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), pour évaluer les conséquences et coordonner une stratégie de défense commerciale.
L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) est un traité commercial qui régit les échanges entre les trois pays depuis 2020. Le Québec, qui a des compétences exclusives dans certains domaines comme la culture, la langue ou la gestion de l’offre agricole, craint que les négociations actuelles entre Ottawa et Washington ne menacent ses intérêts. Le ministre des Relations internationales du Québec, Christopher Skeete, a rappelé que la nouvelle Politique internationale du Québec (PIQ) permet à la province de se déclarer « non liée » par une modification de l’ACEUM si ses champs de compétence sont touchés. Cela signifie que le Québec pourrait refuser d’appliquer certaines clauses de l’accord, même si le Canada les accepte. Cette position vise à protéger des secteurs sensibles comme l’agroalimentaire ou la culture francophone.
Les relations entre le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral, dirigé par Mark Carney, sont tendues en raison d’un manque de communication. Les ministres québécois, dont Christopher Skeete et Bernard Drainville, ont exprimé leur frustration face à la faible quantité d’informations transmises par Ottawa sur l’évolution des négociations avec les États-Unis. Ils estiment que ces informations arrivent « au compte-gouttes » et demandent une mise à jour plus régulière. La première ministre Fréchette a reconnu ce problème, tout en soulignant que la nomination de Louise Blais comme émissaire québécoise pour la révision de l’ACEUM, en avril 2026, permet au Québec d’être mieux informé que les autres provinces. Blais suit les discussions au jour le jour, ce qui offre un avantage stratégique.
Le Québec a clairement défini des « lignes à ne pas franchir » dans les négociations avec les États-Unis. La première ministre Fréchette a insisté sur deux points non négociables : la gestion de l’offre (un système qui protège les producteurs agricoles québécois contre la concurrence étrangère) et la protection de la culture et de la langue francophone. Ces enjeux sont considérés comme vitaux pour l’économie et l’identité du Québec. Une deuxième réunion de crise est prévue le 15 août 2026 avec des représentants du secteur agroalimentaire, dont l’Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération des producteurs de lait du Québec, pour évaluer l’impact des tarifs américains et préparer une réponse coordonnée.
Les négociations entre le Canada et les États-Unis sont en cours pour éviter l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs douaniers américains, prévue pour le 20 août 2026. Ottawa et Washington tentent de parvenir à un accord avant cette date, avec pour objectif de soumettre un projet d’entente au président Trump dès le 18 août. Cependant, selon les négociateurs canadiens, l’offre américaine actuelle n’est pas satisfaisante. Les deux parties sont sous pression pour trouver une solution, d’autant que le Québec, qui représente une part importante des exportations canadiennes vers les États-Unis, joue un rôle clé dans ces discussions. La situation est d’autant plus urgente que la campagne électorale québécoise doit être déclenchée dans deux semaines, ce qui ajoute une dimension politique à la crise.

