En Afrique, le “super El Niño” risque d’amplifier l’impact des crises géopolitiques
En juin a commencé un nouvel épisode de ce phénomène climatique mondial, qui devrait durer jusqu’en octobre et s’annonce destructeur pour les récoltes. L’inquiétude est particulièrement élevée sur le continent africain, dont les chaînes d’approvisionnement sont déjà perturbées par la fermeture du détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine..
Un phénomène climatique appelé El Niño a commencé en juin 2026 et devrait durer jusqu’en octobre. Ce phénomène se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface de l’océan Pacifique, ce qui perturbe les régimes météorologiques à l’échelle mondiale. Les scientifiques de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) estiment que ce nouvel épisode sera particulièrement intense, qualifiant même ce super El Niño de type « Godzilla » selon le cabinet de conseil Oxford Economics. Ce phénomène survient généralement tous les deux à sept ans et peut durer entre neuf et douze mois. Le changement climatique pourrait aggraver ses effets négatifs, rendant les conséquences encore plus sévères.
L’Afrique est particulièrement vulnérable à ce super El Niño de 2026, car ses chaînes d’approvisionnement sont déjà fragilisées par des crises géopolitiques majeures. Par exemple, la fermeture du détroit d’Ormuz et la guerre en Ukraine perturbent les échanges commerciaux et les prix des denrées alimentaires. L’ONU met en garde : « des millions de vies sont en danger » sur le continent africain. Les effets varient selon les régions : certaines zones d’Afrique de l’Est, comme la Somalie ou la Tanzanie, pourraient subir des précipitations excessives, entraînant des inondations. En Somalie, les risques d’inondations sont élevés d’octobre à décembre 2026, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Les perturbations climatiques liées à El Niño menacent les récoltes en Afrique, aggravant les risques de pénuries alimentaires. En Afrique du Sud, des plants de maïs ont déjà souffert d’une grave sécheresse en mars 2026, illustrant la vulnérabilité de l’agriculture locale. Les inondations en Afrique de l’Est pourraient, à l’inverse, détruire les cultures et favoriser la propagation de maladies. En 2023 et 2024, des inondations liées à un précédent épisode d’El Niño avaient déjà déplacé 1,2 million de personnes en Somalie. Ces crises agricoles risquent d’aggraver les tensions sociales et économiques, déjà exacerbées par les conflits et les perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Le super El Niño de 2026 s’ajoute à une situation géopolitique déjà tendue en Afrique. La fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique, limite les approvisionnements en pétrole et en gaz, faisant flamber les prix de l’énergie. Parallèlement, la guerre en Ukraine perturbe les exportations de céréales, dont dépendent de nombreux pays africains. Ces crises combinées créent un effet domino : les prix des denrées alimentaires augmentent, les stocks s’épuisent, et les populations les plus vulnérables sont les premières touchées. Les gouvernements africains doivent donc gérer simultanément des défis climatiques et géopolitiques, ce qui complique la mise en place de solutions durables.
L’ONU a tiré la sonnette d’alarme en juillet 2026, soulignant que *« des millions de vies sont en danger »* en Afrique à cause du *super El Niño*. Cette alerte s’appuie sur des rapports comme celui de l’OMM, qui prévoit que ce phénomène dominera les régimes climatiques mondiaux entre août et octobre 2026. Les conséquences pourraient être dramatiques pour les populations dépendantes de l’agriculture, notamment dans les régions déjà en proie à l’insécurité alimentaire. Les organisations internationales appellent à une coordination renforcée pour limiter l’impact de cette crise, mais les moyens disponibles restent limités face à l’ampleur des défis.

