Finalement, certains scientifiques dont deux Prix Nobel estiment que l'expansion de l'univers ne ralentit pas
L'expansion de l'univers continue de s'accélérer, confirme une équipe internationale. Les corrections statistiques standard suffiraient à éliminer le biais lié à l'âge des galaxies hôtes..
L'expansion de l'univers désigne le phénomène selon lequel les galaxies s'éloignent les unes des autres depuis le Big Bang, survenu il y a environ 13,8 milliards d'années. Ce concept a été théorisé dans les années 1920 par l'astronome Edwin Hubble, qui a observé que plus une galaxie est lointaine, plus elle s'éloigne rapidement. Cette expansion est mesurée par une constante appelée constante de Hubble, exprimée en kilomètres par seconde par mégaparsec (km/s/Mpc). Un mégaparsec équivaut à environ 3,26 millions d'années-lumière. Jusqu'à récemment, les scientifiques pensaient que cette expansion ralentissait sous l'effet de la gravité, qui attire les objets massifs les uns vers les autres. Cependant, des observations récentes suggèrent que ce ralentissement n'a pas lieu.
L'énergie sombre est une forme hypothétique d'énergie qui imprègnerait tout l'espace et serait responsable de l'accélération de l'expansion de l'univers. Elle représente environ 68 % de la densité totale d'énergie de l'univers, contre 27 % pour la matière noire et seulement 5 % pour la matière ordinaire (étoiles, planètes, etc.). Son existence a été proposée dans les années 1990 pour expliquer pourquoi l'expansion de l'univers s'accélère, alors que la gravité devrait la freiner. Deux équipes de chercheurs, dont celle dirigée par Saul Perlmutter et Adam Riess (tous deux Prix Nobel de physique en 2011), ont joué un rôle clé dans cette découverte en étudiant des supernovas de type Ia, des explosions d'étoiles particulièrement lumineuses.
En 2026, des scientifiques, dont deux Prix Nobel, ont publié des travaux remettant en cause l'idée que l'expansion de l'univers ralentit. Leurs mesures, basées sur l'observation de galaxies lointaines et de supernovas, indiquent que l'accélération de cette expansion ne montre aucun signe de ralentissement. Ces résultats contredisent certaines théories antérieures, comme celle d'un univers en expansion décélérée, qui prédisait un ralentissement progressif. Les chercheurs soulignent que ces nouvelles données pourraient nécessiter une révision des modèles cosmologiques actuels, notamment ceux qui décrivent le rôle de l'énergie sombre.
Si l'expansion de l'univers ne ralentit pas, cela implique que l'énergie sombre joue un rôle encore plus dominant que prévu dans l'évolution cosmique. Les modèles actuels, comme le modèle ΛCDM (Lambda Cold Dark Matter), qui inclut une constante cosmologique (Λ) pour représenter l'énergie sombre, pourraient devoir être ajustés. Cette découverte ouvre de nouvelles questions : l'énergie sombre est-elle constante dans le temps, ou son effet varie-t-il ? Son intensité pourrait-elle augmenter ou diminuer à l'avenir ? Ces interrogations pourraient redéfinir notre compréhension de l'avenir lointain de l'univers, comme une expansion éternelle ou, à l'inverse, un Big Rip (une déchirure de l'univers).
Pour mesurer l'expansion de l'univers, les scientifiques utilisent plusieurs techniques complémentaires. La première repose sur l'observation des *supernovas de type Ia*, des explosions d'étoiles dont la luminosité est si prévisible qu'elles servent de *chandelles standards* pour calculer les distances cosmiques. Une autre méthode consiste à étudier les *oscillations acoustiques des baryons* (BAO), des motifs dans la distribution des galaxies qui agissent comme une règle cosmique. Enfin, l'analyse du *fond diffus cosmologique*, un rayonnement fossile du *Big Bang*, permet de remonter aux premiers instants de l'univers. Ces différentes approches permettent de croiser les données et d'affiner les mesures de l'expansion.

