J’ai découvert le plaisir coupable de s’accorder du temps sans enfant, à la manière des parents français
En vacances dans l’Hexagone, cette journaliste du “Irish Times” s’étonne de constater que les parents français laissent volontiers leur progéniture dans les “clubs enfants” des hôtels pour se dégager un peu de temps pour eux. Une situation impensable en Irlande, où règne la conception anglo-saxonne de “la parentalité comme abnégation totale”..
Une journaliste irlandaise, Liz Carolan du Irish Times, a observé une différence marquante dans la gestion des vacances avec enfants entre l'Irlande et la France. Lors d'un séjour en France en août 2026, elle a remarqué que les parents français confient régulièrement leurs enfants, dès l'âge de 6 mois, à des clubs enfants dans les hôtels. Ces structures proposent des activités encadrées pour des durées allant de la demi-journée à la journée entière, permettant aux parents de s'accorder du temps libre. Cette pratique contraste fortement avec la vision anglo-saxonne, notamment irlandaise, où la parentalité est souvent perçue comme une abnégation totale, c'est-à-dire un engagement sans compromis où le bien-être de l'enfant prime systématiquement sur celui des parents.
L'autrice décrit son expérience personnelle de vacances avec un enfant en bas âge, soulignant l'épuisement physique et mental que cela engendre. Elle évoque notamment un souvenir marquant : attendre le lavage de son linge dans une laverie automatique, assise sur un trottoir humide devant un magasin Spar, une situation qu'elle qualifie d'impensable avant de devenir parent. Elle souligne que les sociétés modernes ont longtemps lutté pour équilibrer travail, sommeil et loisirs, mais que cet équilibre reste précaire face à la conception dominante de la parentalité comme une obligation absolue. En Irlande, cette vision se traduit par une difficulté à envisager des moments de répit sans culpabilité, contrairement à la France où cette pratique est socialement acceptée.
La journaliste explique que les Français, contrairement aux Anglo-Saxons, semblent considérer la parentalité comme une partie intégrante de la vie sociale et non comme une mission exclusive. Les clubs enfants en France, accessibles dès 6 mois, sont perçus comme une solution normale pour permettre aux parents de se ressourcer. En Irlande, cette approche est rare et souvent mal perçue, car elle va à l'encontre de la norme culturelle qui valorise le sacrifice parental. Liz Carolan note que cette différence reflète des conceptions distinctes de la famille et du rôle des parents, où la France privilégie un équilibre entre vie familiale et vie personnelle, tandis que l'Irlande tend vers une vision plus sacrificielle de la parentalité.
L'article met en lumière les conséquences de ces différences culturelles sur le bien-être des parents. Liz Carolan souligne que les parents irlandais, soumis à une pression sociale forte, peuvent ressentir une culpabilité accrue lorsqu'ils prennent du temps pour eux. Elle cite l'exemple de ses propres vacances, où l'absence de moments de répit a exacerbé la fatigue et le stress. À l'inverse, en France, la possibilité de confier temporairement ses enfants permet aux parents de recharger leurs batteries, ce qui contribue à une meilleure qualité de vie. Elle suggère que cette approche française pourrait inspirer d'autres pays à repenser leur modèle de parentalité pour intégrer davantage d'équilibre.
L'article est une traduction d'un texte publié dans *The Irish Times*, un quotidien irlandais fondé en 1859 et indépendant sur le plan politique et religieux. Classé au centre gauche, ce journal défend des valeurs comme la démocratie constitutionnelle, la justice sociale et la lutte contre les discriminations. Il est comparé au *Guardian* britannique pour ses positions éditoriales et son réseau de correspondants à l'étranger. Liz Carolan, l'autrice de l'article, y exprime une réflexion personnelle sur la parentalité, tout en s'appuyant sur son expérience de vacances en France pour interroger les normes culturelles irlandaises.

