La Turquie se fait une place en Afrique grâce aux infrastructures et à la coopération militaire
Si la Chine est depuis une quinzaine d’années le premier partenaire commercial du continent, la Turquie la concurrence désormais directement en alliant un secteur privé très actif dans le bâtiment à une offre sécuritaire qui fait aujourd’hui l’objet d’une forte demande..
Depuis une quinzaine d’années, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique, notamment grâce à ses investissements massifs dans les infrastructures. Cependant, la Turquie émerge désormais comme un concurrent sérieux sur ce continent. Contrairement à la Chine, qui mise sur des financements flexibles et des coûts compétitifs, la Turquie combine deux atouts majeurs : un secteur privé dynamique dans le bâtiment et une offre sécuritaire en forte demande. Par exemple, en Tanzanie, une entreprise turque, Yapi Merkezi, a construit en 2024 des tronçons de voie ferrée reliant Dar Es-Salaam à Dodoma. En Ouganda, elle a remporté un contrat pour une ligne ferroviaire entre Malaba et Kampala, après l’annulation d’un accord similaire avec une entreprise chinoise en raison de retards financiers persistants. Ces exemples illustrent comment Ankara défie Pékin sur le marché africain des infrastructures.
La Turquie se distingue par deux avantages principaux par rapport à la Chine en Afrique. D’abord, son secteur privé, très actif dans le bâtiment, propose des coûts de main-d’œuvre extrêmement compétitifs. Ensuite, elle offre une coopération militaire, une demande croissante dans un continent confronté à des défis sécuritaires. Selon le South China Morning Post, un journal hongkongais, la Turquie mise sur des financements flexibles et des coûts réduits pour séduire les pays africains. Par exemple, l’entreprise turque Yapi Merkezi a construit un hôpital à Mogadiscio (Somalie) en 2026, financé par Ankara. Ces stratégies permettent à la Turquie de se positionner comme une « troisième voie » économique, alternative à la Chine et aux anciennes puissances coloniales.
La présence turque en Afrique se matérialise par des projets d’infrastructures ambitieux. En Tanzanie, la société Yapi Merkezi a livré en 2024 des tronçons de voie ferrée reliant Dar Es-Salaam à Dodoma, la capitale. En Ouganda, elle a remporté un contrat pour construire une ligne ferroviaire entre Malaba (ville frontalière kényane) et Kampala, après l’annulation d’un accord avec la société chinoise China Harbour Engineering en raison de retards financiers. Ces projets montrent comment la Turquie gagne des parts de marché face à la Chine, en offrant des solutions plus rapides et moins coûteuses. Par ailleurs, la Turquie finance des infrastructures sociales, comme l’hôpital Recep-Tayyip-Erdogan à Mogadiscio, ouvert en avril 2026.
Depuis les années 2000, le gouvernement turc d’Erdogan a développé une stratégie discrète mais efficace pour s’imposer en Afrique. Cette approche repose sur deux piliers : le secteur privé et la coopération militaire. Contrairement à la Chine, qui mise sur des financements massifs et des prêts, la Turquie privilégie des coûts réduits et une flexibilité accrue. Par exemple, elle propose des tarifs compétitifs pour la main-d’œuvre et des partenariats sécuritaires, répondant ainsi à une demande croissante des pays africains. Cette stratégie permet à la Turquie de se positionner comme un acteur alternatif, évitant les critiques liées aux dettes chinoises ou aux interventions occidentales.
La Chine et la Turquie sont aujourd’hui les deux principaux concurrents sur le marché africain des infrastructures. La Chine, leader depuis 15 ans, a su imposer sa présence grâce à des financements flexibles et des coûts réduits. Cependant, la Turquie gagne du terrain en proposant des solutions plus rapides et moins coûteuses. Par exemple, en Ouganda, le gouvernement a annulé un contrat avec une entreprise chinoise en raison de retards financiers persistants, avant de le confier à une entreprise turque. Cette concurrence accrue entre les deux pays pourrait redéfinir les équilibres économiques en Afrique, offrant aux pays africains davantage de choix et de leviers de négociation.

