En Europe, les plus de 65 ans devraient représenter près d’un tiers de la population en 2060
Pour la première fois de l’histoire, le monde compte plus de seniors que de jeunes enfants. L’article En Europe, les plus de 65 ans devraient représenter près d’un tiers de la population en 2060 est apparu en premier sur Le Grand Continent..
En 2023, pour la première fois dans l’histoire, la part de la population mondiale âgée de plus de 65 ans a dépassé celle des enfants de 0 à 5 ans. Ce renversement démographique s’explique par deux tendances majeures : la baisse de la fécondité, c’est-à-dire le nombre moyen d’enfants par femme qui diminue, et l’allongement de l’espérance de vie, qui permet aux individus de vivre plus longtemps. Selon un rapport du Bureau du recensement américain publié en août 2026, cet écart devrait se creuser jusqu’en 2060. À cette date, les seniors représenteront 20 % de la population mondiale, contre seulement 7 % pour les jeunes enfants. Ce phénomène touche toutes les régions du monde, mais avec des intensités variables selon les continents.
En Europe, la part des personnes âgées de 65 ans et plus devrait atteindre près d’un tiers de la population totale d’ici 2060. Cette projection s’inscrit dans un contexte de vieillissement accéléré, où le nombre de seniors plus que doublera pour atteindre 2 milliards d’individus. Leur croissance démographique représentera alors plus de la moitié de l’augmentation totale de la population mondiale attendue entre 2025 et 2060, soit 1,148 milliard de personnes sur un total de 2,1 milliards. Parallèlement, le nombre de jeunes de 0 à 19 ans devrait rester stable, autour de 2,6 milliards. L’Europe, bien que concernée par ce phénomène, ne sera pas la région la plus touchée : l’Asie, notamment la Corée du Sud (41 % de seniors en 2060) et Taïwan (39 %), connaîtra un vieillissement encore plus marqué.
La transition démographique en cours est marquée par deux évolutions clés : la baisse de la fécondité et l’augmentation de l’espérance de vie. En 2026, l’Inde et la Chine, les deux pays les plus peuplés au monde, sont désormais passés sous le seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Cela signifie que, sans immigration, leur population diminuerait à long terme. En Europe, l’âge médian, qui correspond à l’âge qui sépare la population en deux groupes égaux (50 % plus jeunes, 50 % plus âgés), devrait passer de 44,1 ans en 2025 à 49 ans en 2060. Ce vieillissement de la population aura des répercussions majeures sur les systèmes de retraite, les dépenses publiques et les équilibres sociaux.
En France, la transition démographique se traduit déjà par une surreprésentation des seniors dans la vie politique. Au 1er janvier 2025, plus de la moitié des Français en âge de voter (51,6 %) avaient plus de 50 ans. Leur participation élevée aux élections renforce encore leur influence politique, au-delà de leur poids démographique. Une étude d’Ipsos sur la dernière décennie montre un glissement du vote des plus de 50 ans vers des formations d’extrême droite, notamment le Rassemblement national. Ce phénomène soulève des questions sur l’impact du vieillissement de la population sur les orientations politiques et les priorités budgétaires, comme les dépenses publiques consacrées aux retraites, qui représentent près d’un quart du budget de l’État en France.
Le vieillissement de la population mondiale aura des conséquences variées selon les régions. En Asie et en Amérique latine, le phénomène sera particulièrement rapide, tandis qu’en Europe, il s’étalera sur plusieurs décennies. Ces changements démographiques pourraient entraîner des transformations sociales, culturelles et économiques profondes. Par exemple, les systèmes de retraite et de santé devront s’adapter à une population vieillissante, tandis que les dynamiques de consommation et les besoins en services pourraient évoluer. Les politiques publiques, notamment celles liées à l’immigration et à l’emploi des seniors, seront cruciales pour atténuer les effets de ce bouleversement démographique.

