Manchester City, ce club de “méchants nés avant la honte”
Le leader de la Premier League, déclaré coupable d’infractions aux règles financières du championnat, disputait, dimanche 11 octobre, son premier match depuis l’annonce de la décision de la commission chargée de statuer sur son cas. La victoire facile obtenue dans une ambiance électrique chez le voisin Liverpool (3-0) ulcère “The Daily Telegraph”..
Manchester City a été déclaré coupable de 114 infractions aux règles financières de la Premier League, le championnat de football anglais, par une commission disciplinaire. Ces infractions concernent notamment le contournement des limites de dépenses imposées aux clubs, comme les plafonds de masse salariale ou les restrictions sur les transferts de joueurs. Ces règles existent pour garantir une compétition équitable entre les clubs, en empêchant les équipes les plus riches de dépenser sans limite. Le club a été accusé d’avoir utilisé des montages financiers complexes pour masquer une partie de ses dépenses, notamment via des partenariats avec des entreprises liées à ses propriétaires, le groupe émirati City Football Group. Ces pratiques, si elles sont confirmées, pourraient remettre en cause la légitimité des titres remportés par le club depuis 2008, année de l’arrivée des propriétaires émiratis.
Malgré cette sanction, Manchester City a repris les matchs officiels le 11 octobre 2026, lors d’une rencontre à l’extérieur contre Liverpool, un rival historique. Le club a remporté le match sur le score de 3-0, avec des buts marqués par Erling Haaland, Jérémy Doku et Rayan Cherki. Cette victoire, obtenue dans une ambiance hostile à Anfield (le stade de Liverpool), a été perçue comme une provocation par une partie des observateurs et des supporters adverses. Le quotidien britannique The Daily Telegraph, connu pour son orientation conservatrice, a critiqué ce retour triomphal, soulignant que le club semblait « né avant la honte » en affichant une telle assurance malgré les accusations de tricherie. La performance sportive du club, jugée exceptionnelle, a contrasté avec le contexte juridique tendu.
La sanction initiale de la Premier League pourrait aller jusqu’au retrait des trophées remportés par Manchester City depuis 2008, si la culpabilité du club est confirmée en appel. Cette mesure radicale, évoquée par les instances dirigeantes, signifierait l’effacement de 26 titres, dont 8 championnats d’Angleterre et une Ligue des champions. Jusqu’à la décision finale, prévue après un recours du club, la Premier League serait perçue comme une compétition « dévaluée » par certains médias. Le Daily Telegraph a qualifié cette situation de « farce », estimant que les victoires sportives actuelles ne pourraient effacer les doutes sur l’honnêteté des succès passés. Le club a choisi de faire appel de la décision, prolongeant ainsi une incertitude juridique qui pèse sur son histoire récente.
Les supporters de Manchester City ont réagi avec une certaine provocation lors du match contre Liverpool, adoptant ouvertement le surnom de « tricheurs » que leurs détracteurs leur attribuent. Cette attitude a été particulièrement visible lors de l’ouverture du score par Haaland, où le musicien Noel Gallagher, fan emblématique du club, a célébré avec enthousiasme depuis le parcage visiteur. Les pancartes brandies par les supporters et les chants moqueurs envers Liverpool ont renforcé l’image d’un club assumant son rôle de « méchant » dans le football anglais. Cette posture, bien que critiquée par certains observateurs, reflète une dynamique de défi envers les instances sportives et les autres clubs, perçus comme jaloux de la domination de City.
L’affaire Manchester City dépasse le cadre sportif et prend une dimension politique et médiatique au Royaume-Uni. Le *Daily Telegraph*, journal conservateur de référence, a joué un rôle central dans la couverture de ce scandale, en soulignant l’hypocrisie perçue entre les performances sportives du club et les accusations de tricherie financière. Le quotidien, détenu depuis 2026 par le groupe allemand Axel Springer, a une ligne éditoriale eurosceptique et atlantiste, ce qui influence sa perception des enjeux économiques du football. L’article souligne que cette affaire a aussi révélé des tensions au sein de la Premier League, certains clubs accusant City de fausser la compétition par ses dépenses excessives, tandis que d’autres défendent son droit à innover dans la gestion financière.

