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Des astronomes reçoivent un signal laser – l'objet se trouve à 8 milliards d'années-lumière

Science & Vie · mis à jour 30 août

Dans l'immensité de l'espace, certains nuages de gaz agissent comme des lasers naturels, émettant des faisceaux d'ondes puissants. Récemment, un mégamaser cosmique a traversé une grande partie de l'histoire de l'univers pour atteindre une antenne de radioastronomie..

Signal laser détecté

Des astronomes ont capté un signal laser en provenance d’un objet situé à environ 8 milliards d’années-lumière de la Terre. Une année-lumière correspond à la distance parcourue par la lumière en un an, soit près de 9 461 milliards de kilomètres. À cette distance, le signal a donc voyagé pendant 8 milliards d’années avant d’être détecté. Ce type de signal, appelé maser lorsqu’il est naturel (contrairement au laser artificiel), est une émission d’ondes électromagnétiques très concentrées, souvent associées à des phénomènes astrophysiques intenses comme la formation d’étoiles ou l’activité de trous noirs. Les astronomes utilisent des radiotélescopes pour capter ces signaux, qui peuvent révéler des informations sur des objets ou des événements cosmiques lointains et anciens.

Origine lointaine confirmée

L’objet à l’origine de ce signal se trouve dans une galaxie très éloignée, dont la lumière met 8 milliards d’années à nous parvenir. Cela signifie que le signal a été émis alors que l’Univers n’avait que 5,8 milliards d’années, soit moins de la moitié de son âge actuel estimé à 13,8 milliards d’années. Cette découverte est exceptionnelle car les signaux aussi lointains sont généralement très faibles et difficiles à détecter. Les astronomes estiment que ce type de signal pourrait provenir d’un phénomène rare, comme une explosion d’étoile massive ou l’activité d’un noyau galactique actif, où un trou noir supermassif absorbe de la matière en émettant des jets de particules énergétiques.

Technologie utilisée

Pour capter ce signal, les chercheurs ont utilisé des instruments comme le Square Kilometre Array (SKA), un réseau de radiotélescopes en cours de construction en Australie et en Afrique du Sud. Le SKA sera le plus grand radiotélescope du monde une fois achevé, avec une surface collectrice équivalente à un kilomètre carré. Son objectif est d’étudier les signaux les plus faibles de l’Univers, comme ceux émis par les premières galaxies ou les trous noirs. Dans ce cas précis, les astronomes ont combiné les données de plusieurs télescopes pour isoler le signal parmi le bruit de fond cosmique, une technique appelée interférométrie.

Implications scientifiques

La détection d’un signal aussi lointain ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre l’évolution de l’Univers. Elle pourrait aider à étudier les premières phases de formation des galaxies ou à identifier des objets cosmiques encore mal connus, comme les quasars (noyaux galactiques extrêmement lumineux) ou les sursauts gamma (explosions d’étoiles en fin de vie). Ces signaux permettent aussi de tester des théories astrophysiques, comme la nature de la matière noire ou les mécanismes d’émission des trous noirs. Pour les chercheurs, cette découverte souligne l’importance de développer des instruments toujours plus sensibles pour explorer les confins de l’Univers.

Ce que ça pourrait changer

Les astronomes prévoient d’analyser plus en détail ce signal pour déterminer son origine exacte. Ils vont comparer les données avec d’autres observations, comme celles du télescope spatial *James Webb*, lancé en 2021, qui permet d’étudier les galaxies les plus lointaines. Cette découverte pourrait aussi motiver le développement de nouveaux instruments dédiés à la détection de signaux laser ou maser dans l’Univers. À plus long terme, ces recherches pourraient contribuer à répondre à des questions fondamentales, comme la présence de vie extraterrestre ou la structure même de l’Univers.

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