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Droit

Les réfugiés rohingyas méritent un avenir, au-delà de la survie et des déplacements sans fin

ONU : Migrants et réfugiés · mis à jour 23 sept.

Neuf ans après l'exode massif de Rohingyas du Myanmar, la crise qu'ils vivent demeure l'une des plus longues et des plus complexes au monde, marquée par des années de persécutions et par l'incertitude quant à un éventuel retour..

Crise des Rohingyas

En août 2017, l’armée du Myanmar a lancé une opération de répression dans l’État de Rakhine, à l’ouest du pays, contraignant près de 700 000 musulmans rohingyas à fuir vers le Bangladesh. Cette crise a donné naissance à la plus grande concentration de réfugiés au monde, avec aujourd’hui environ 1,2 million de Rohingyas toujours en exil, principalement au Bangladesh. Les Rohingyas sont une minorité musulmane du Myanmar, souvent persécutée et privée de citoyenneté depuis des décennies. Leur situation illustre un conflit ethnique et religieux prolongé, où les violences, les discriminations et les déplacements forcés sont récurrents. Le terme Rohingya désigne spécifiquement cette communauté, tandis que le Myanmar, anciennement appelé Birmanie, est le pays d’origine de ces réfugiés. La crise a été qualifiée de génocide par certains États et organisations internationales, notamment la Gambie, qui a engagé une procédure devant la Cour internationale de Justice (CIJ) contre le Myanmar pour ces actes.

Vie en exil

Les Rohingyas vivent dans des camps de réfugiés au Bangladesh, principalement à Cox’s Bazar, où les conditions sont précaires. Plus de 30 000 enfants naissent chaque année dans ces camps depuis 2017, ce qui signifie qu’une génération entière n’a connu que l’exil et l’incertitude. Les femmes et les filles sont particulièrement vulnérables aux violences, notamment aux violences fondées sur le genre, comme les agressions ou les mariages forcés, perpétrées par des groupes armés ou des réseaux criminels. Les jeunes Rohingyas perdent espoir face à l’absence de perspectives : moins de 30 % des enfants ont accès à une éducation de base, et les services de santé sont saturés. Les financements internationaux diminuent, aggravant les pénuries de nourriture, de médicaments et d’infrastructures. Sans solution durable, les réfugiés s’exposent à des risques accrus comme la traite des êtres humains, le recrutement forcé ou les traversées maritimes dangereuses vers d’autres pays.

Rôle du Bangladesh

Le Bangladesh accueille le plus grand camp de réfugiés au monde et fait face à un fardeau économique et social croissant. Le Premier ministre bangladais, Tarique Rahman, a souligné que l’incertitude prolongée crée de nouveaux défis, notamment en matière de sécurité, avec une hausse de la criminalité transnationale comme le trafic de migrants, de drogues ou d’êtres humains. Bien que le pays ait montré une générosité exceptionnelle, il ne peut assumer indéfiniment cette responsabilité sans un soutien international accru. Le Bangladesh insiste sur le fait que la crise trouve son origine au Myanmar et que sa résolution doit venir de ce pays. Les responsables bangladais demandent une action politique internationale pour éviter que la situation ne devienne ingérable, tout en remerciant les partenaires qui apportent une aide humanitaire.

Violences persistantes

Au Myanmar, les violences contre les civils, y compris les Rohingyas, se poursuivent dans l’État de Rakhine et ailleurs. Le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Khalilur Rahman, a dénoncé des attaques aveugles, des frappes aériennes, des arrestations arbitraires, de la torture, des disparitions forcées et le refus d’aide humanitaire. Ces actes constituent des violations graves des droits humains et alimentent un climat de terreur. La Cour internationale de Justice (CIJ) est saisie d’une procédure pour génocide contre le Myanmar, initiée par la Gambie, ce qui pourrait mener à des sanctions ou à des réparations. Cependant, l’élan international pour la justice semble s’essouffler, alors que les persécutions continuent. Les organisations humanitaires appellent à une attention politique soutenue pour mettre fin à ces violences et garantir l’accès à l’aide.

Ce que ça pourrait changer

Les responsables de l’ONU, dont le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Barham Salih, et l’Envoyée spéciale pour le Myanmar, Julie Bishop, insistent sur la nécessité d’une solution durable combinant justice, reddition de comptes et retour volontaire des réfugiés. Pour que ce retour soit possible, les Rohingyas doivent retrouver des droits fondamentaux : liberté de mouvement, accès à l’éducation, au travail et à la citoyenneté. Leur situation actuelle, marquée par l’apartheid et la privation de droits, ne permet pas un retour en sécurité. La communauté internationale est appelée à maintenir son soutien financier et politique, tout en faisant pression sur le Myanmar pour qu’il crée les conditions d’un retour digne. Sans cela, les Rohingyas resteront piégés dans un cycle de survie et de déplacements sans fin.

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