Des femmes écartées de leur poste à la tour Eiffel : le directeur démissionne après une enquête interne
Le directeur de la Société d’exploitation de la tour Eiffel, Patrick Branco Ruivo, a annoncé sa démission. En cause ? L’éviction du personnel féminin du monument le 5 septembre dernier, faite à la demande des membres d’une secte hindoue, proche du premier ministre indien Narendra Modi..
Patrick Branco Ruivo, directeur de la Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) depuis 2018, a annoncé sa démission le 29 septembre 2026. Cette décision fait suite à une enquête interne révélant des dysfonctionnements graves lors de l’organisation d’une visite protocolaire le 5 septembre 2026. L’enquête a confirmé l’éviction discriminatoire de personnel féminin à la demande de membres d’une secte hindoue, ce qui a été jugé inacceptable par la SETE. Dans un communiqué, la société a reconnu une « grave erreur » et présenté ses excuses aux salariés, tout en soulignant que la confiance entre la direction et les employés avait été rompue. Patrick Branco Ruivo avait occupé ce poste pendant 8 ans.
Le 5 septembre 2026, une délégation du mouvement spirituel hindou Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) a visité la tour Eiffel. La veille, ce même groupe inaugurait son premier temple majeur en France, situé à Bussy-Saint-Georges, près de Paris. La visite du 5 septembre a donné lieu à une demande de la part des membres du BAPS : l’éviction du personnel féminin de leur poste pendant la durée de leur présence au monument. Cette décision a été appliquée par la direction de la SETE, provoquant une réaction immédiate des salariés. Le BAPS est un mouvement spirituel hindou dont les liens avec le premier ministre indien Narendra Modi ont été évoqués dans l’article, bien que ce dernier ne soit pas directement impliqué dans l’incident.
Les employés de la tour Eiffel ont réagi avec colère à l’éviction du personnel féminin. Une grève a été organisée deux jours après l’incident, le 7 septembre 2026, pour protester contre cette décision discriminatoire. Diane Davoine, agente d’accueil à la tour Eiffel depuis 25 ans, s’est exprimée dans les colonnes du journal pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « coup » porté aux salariés. Elle a également souligné que la direction avait reconnu une erreur grave, mais que la confiance entre les employés et la hiérarchie avait été durablement affectée. Cette mobilisation a joué un rôle clé dans la démission du directeur.
L’incident s’inscrit dans un contexte plus large de tensions liées aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations au travail. La SETE, société chargée de l’exploitation de la tour Eiffel, est une entreprise publique française. L’affaire a également mis en lumière les relations entre des mouvements religieux et des responsables politiques, notamment en Inde, où le premier ministre Narendra Modi entretient des liens avec certains cercles hindous conservateurs. Enfin, cette situation interroge sur les pratiques de gestion des visites protocolaires dans des lieux emblématiques, où les exigences des visiteurs peuvent entrer en conflit avec les principes d’égalité et de non-discrimination.

