Trump accepte de continuer à discuter avec l’Iran mais réaffirme que le cessez-le-feu est caduc
Donald Trump a assuré vendredi avoir accepté de continuer de discuter avec l’Iran de la paix au Moyen-Orient, tout en réaffirmant que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran était caduc. Après plusieurs jours de frappes croisées, aucune attaque n’a été signalée vendredi entre les belligérants..
Le 8 juillet 2026, le président américain Donald Trump a annoncé sur son réseau Truth Social que les États-Unis acceptaient de reprendre des discussions avec l’Iran, tout en réaffirmant que le cessez-le-feu, signé le 17 juin 2026, était désormais caduc. Ce protocole d’accord, conclu après des mois de tensions, prévoyait notamment la fin des hostilités dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Trump a utilisé des termes fermes, qualifiant le cessez-le-feu de « terminé » et critiquant violemment les dirigeants iraniens. Pourtant, malgré cette posture agressive, Washington n’a pas complètement fermé la porte aux négociations, acceptant une rencontre prévue le 9 juillet 2026 à Oman, un pays du golfe Persique souvent sollicité comme médiateur dans la région.
Le protocole d’accord du 17 juin 2026, censé instaurer une trêve entre l’Iran et les États-Unis, a été fragilisé cette semaine par une reprise des combats. Les tensions ont atteint un pic après des frappes iraniennes contre trois navires commerciaux traversant le détroit d’Ormuz, une zone sous haute surveillance en raison de son importance pour le transport pétrolier mondial. En réponse, les États-Unis ont mené des frappes massives contre plus de 170 cibles militaires iraniennes les 2 et 3 juillet 2026, qualifiées par The New York Times de « l’une des vagues de frappes les plus intenses depuis le début de la guerre, il y a plus de quatre mois ». Ces représailles ont à leur tour provoqué des attaques iraniennes contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn, deux pays alliés des États-Unis.
Selon des responsables américains cités par CBS News, les attaques iraniennes contre les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz auraient été menées par une faction dissidente au sein du régime iranien, composée de partisans de la ligne dure. Ces derniers chercheraient à saboter les négociations en cours entre Téhéran et Washington. Les autorités iraniennes auraient reconnu en privé cette erreur, tout en niant toute responsabilité officielle. Cette révélation suggère que le pouvoir iranien est divisé entre modérés, favorables à un apaisement, et radicaux, déterminés à maintenir une posture de confrontation. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a d’ailleurs clarifié que Téhéran n’avait pas sollicité de négociations avec les États-Unis, mais avait seulement accepté une médiation du Qatar.
Les États-Unis ont annoncé le 8 juillet 2026 un nouveau train de sanctions contre l’Iran, que ce dernier considère comme une violation du protocole d’accord. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a réagi en déclarant sur le réseau X que « jusqu’à présent, l’Iran a tenu parole ». Il a ajouté que les sanctions américaines s’ajoutaient à d’autres mesures perçues comme des provocations, soulignant que « le respect doit être mutuel ». De leur côté, les États-Unis exigent désormais que l’Iran publie une déclaration officielle reconnaissant que le détroit d’Ormuz est ouvert à la navigation et promettant de cesser les attaques contre les navires commerciaux. Washington demande également une reconnaissance publique des tirs contre les navires comme une « erreur ».
Harlan Ullman, ancien officier de la marine américaine et expert en géopolitique, estime que l’Iran interprète les propos incohérents de Donald Trump comme un signe de « faiblesse ». Lors d’un sommet de l’OTAN à Ankara cette semaine, Trump avait d’abord annoncé la fin du cessez-le-feu, puis multiplié les insultes envers les dirigeants iraniens, avant de revenir partiellement sur ses déclarations. Pour Ullman, cette attitude contradictoire, couplée à la demande américaine d’un document officiel sur le détroit d’Ormuz, renforce l’idée que Washington manque de cohérence dans sa stratégie. Les autorités iraniennes y voient une preuve de l’absence d’une politique étrangère américaine claire et stable, ce qui pourrait encourager Téhéran à adopter une posture encore plus ferme dans les négociations.
Les analystes cités par *The Washington Post* décrivent la région comme se trouvant dans une situation intermédiaire entre la guerre et la paix. Les deux camps peinent à s’entendre sur l’interprétation d’un protocole d’accord aux termes jugés imprécis, notamment concernant le contrôle du détroit d’Ormuz. Ce bras de mer, par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, est au cœur des tensions depuis des décennies. Son ouverture ou sa fermeture peut avoir des répercussions majeures sur les prix de l’énergie et la stabilité économique mondiale. Les négociations prévues à Oman le 9 juillet 2026 pourraient donc jouer un rôle décisif pour éviter une escalade militaire, mais leur succès n’est pas garanti en raison des divergences persistantes.

