Les personnes qui marchent entre 8 875 et 14 161 pas par jour réussiraient mieux les tests d’attention, de contrôle cognitif et de prise de décision que ceux qui n’en faisaient que 5 108
On vante l'exercice régulier pour le cœur, la ligne ou le souffle. Mais sur l'attention et la vivacité d'esprit, le bénéfice avait rarement été relié à des tests précis.
Une étude publiée le 11 octobre 2026 par trois chercheurs du Baylor College of Medicine (Olaoluwa Okusaga, Yi-Sian Lin et Elizabeth Atkinson) a analysé l'impact de la marche quotidienne sur les capacités cognitives. Pour cela, ils ont étudié les données de 3 093 adultes équipés de montres connectées Fitbit, dont les pas ont été enregistrés pendant quatorze ans. Les participants ont ensuite passé quatre tests mesurant leur attention, leur contrôle de soi, leur capacité à prendre des décisions et leur aptitude à ignorer les informations parasites. Contrairement aux recherches précédentes, cette étude s'appuie sur des mesures objectives et non sur des questionnaires, ce qui renforce la fiabilité des résultats.
Les chercheurs ont identifié trois groupes de participants en fonction du nombre moyen de pas quotidiens : environ 5 108 pas, 8 875 pas et 14 161 pas. Les résultats montrent que les deux groupes les plus actifs (8 875 et 14 161 pas) ont obtenu de meilleurs scores dans trois des quatre tests cognitifs par rapport au groupe le moins actif (5 108 pas). Ces bénéfices concernent notamment une attention plus stable, un meilleur contrôle de l'impulsivité et une capacité accrue à distinguer les informations pertinentes des distractions. Seul le test de reconnaissance des émotions sur un visage n'a pas montré de différence significative entre les groupes.
L'étude remet en question la recommandation courante de marcher 10 000 pas par jour, qui n'a pas de fondement scientifique strict. En effet, le groupe intermédiaire, marchant environ 8 875 pas quotidiennement, a déjà tiré des bénéfices cognitifs comparables à ceux du groupe le plus actif (14 161 pas). Cela suggère qu'augmenter son niveau d'activité physique, même sans atteindre un seuil précis comme 10 000 pas, peut améliorer les fonctions cérébrales. Cependant, l'étude souligne que ces résultats sont observationnels et ne prouvent pas un lien de cause à effet direct entre la marche et l'amélioration cognitive.
Bien que l'étude ne précise pas comment la marche agit sur le cerveau, plusieurs hypothèses sont évoquées. L'activité physique pourrait favoriser la circulation sanguine cérébrale, stimuler la croissance de nouveaux neurones et renforcer la *plasticité cérébrale*, c'est-à-dire la capacité du cerveau à s'adapter et à se réorganiser. Ces mécanismes sont soutenus par d'autres recherches, mais nécessitent des études complémentaires pour être confirmés. Par ailleurs, les auteurs ont observé que les participants avec une tension artérielle élevée initiale avaient un moins bon contrôle de l'impulsivité, ce qui pourrait indiquer un lien entre la santé cardiovasculaire et les fonctions cognitives.

