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Affaire Nooran Rezayi : un an plus tard, les proches toujours en quête de réponses

ICI Radio-Canada · mis à jour 21 sept.

Le jeune de 15 ans a été abattu par un policier de Longueuil. Ses proches lui rendront hommage ce soir à 18 h..

Un drame en 2025

Le 21 septembre 2025, Nooran Rezayi, un adolescent de 15 ans, est abattu par un policier du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) lors d’une intervention dans un quartier résidentiel de Saint-Hubert, un arrondissement de Longueuil. L’appel au 911 qui a déclenché cette intervention signalait la présence d’un groupe de jeunes masqués et armés. Peu après l’arrivée des policiers, un agent a ouvert le feu à deux reprises sur Nooran Rezayi, qui est décédé à l’hôpital une trentaine de minutes plus tard. Une enquête du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a été ouverte, car une personne est morte lors d’une intervention policière. Aucune arme à feu n’a été retrouvée sur les lieux, à l’exception de l’arme de service du policier. À ce jour, aucune accusation n’a été déposée contre ce dernier, et les circonstances exactes du drame restent floues pour la famille.

Questions sans réponses

Un an après la mort de Nooran Rezayi, sa famille et ses proches attendent toujours des réponses à des questions essentielles : pourquoi Nooran est-il décédé ? Pourquoi les policiers ont-ils tiré si rapidement ? Pourquoi l’intervention s’est-elle déroulée de cette manière ? Ces interrogations, soulevées dès les premiers jours, n’ont toujours pas reçu de réponse claire. L’avocat de la famille, Me Fernando Belton, souligne que l’absence de réponses alimente un sentiment d’injustice et de frustration. Aucune enquête, ni administrative ni judiciaire, n’a encore permis d’éclaircir ces points, malgré les délais écoulés.

Demande d’identité des policiers

Pour obtenir des réponses, les parents de Nooran Rezayi ont annoncé fin août 2026 qu’ils allaient déposer une demande à la Cour supérieure afin de connaître l’identité du policier ayant tiré et celle de son coéquipier. Cette démarche vise aussi à obtenir des éclaircissements sur les circonstances du drame. Cependant, la Ville de Longueuil s’y oppose, invoquant des risques pour la sécurité du policier, déjà menacé sur les réseaux sociaux et la cible d’un contrat pour son assassinat publié sur Instagram. Le Procureur général du Québec conteste également cette demande. Si la Cour donne raison à la famille, la Ville de Longueuil pourrait demander une ordonnance de non-publication des identités pour des motifs de sécurité, valable jusqu’à la décision du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Délais judiciaires normaux

Les proches de Nooran Rezayi vivent une attente douloureuse, mais pour le monde judiciaire, les délais observés ne sont pas anormaux. En mars 2026, plus de cinq mois après le début de son enquête, le BEI a remis un rapport partiel au DPCP. Les deux derniers rapports d’expertise ont été transmis aux procureurs fin juillet 2026. Selon Ugo Gilbert Tremblay, professeur de droit à l’Université de Montréal, ces délais dépendent de la complexité du dossier et de la nécessité d’obtenir des preuves complémentaires. Le DPCP doit analyser le dossier avec rigueur : s’il décide de porter des accusations, il doit être convaincu que les preuves permettent une condamnation probable. Dans le cas contraire, il devra justifier sa décision de manière solide, ce qui aura des implications importantes pour la famille et la confiance du public.

Suspension de procédures

Le DPCP a annoncé en août 2026 la suspension des procédures contre 11 adolescents âgés de 13 à 17 ans, qui faisaient face à diverses accusations liées aux événements ayant précédé la mort de Nooran Rezayi. Cette suspension est temporaire et vise à examiner certaines questions. Elle ne signifie pas que les accusations sont abandonnées : elles pourraient être relancées jusqu’à un an après le dépôt de l’arrêt des procédures. Ces arrestations découlent d’une enquête parallèle menée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui cherchait à comprendre les circonstances ayant conduit à l’appel au 911 et à l’intervention policière.

Ce que ça pourrait changer

En décembre 2025, la famille de Nooran Rezayi a intenté une poursuite civile contre la Ville de Longueuil et les policiers impliqués dans l’intervention, réclamant environ 2,2 millions d’euros en dommages et intérêts. Selon des vidéos présentées en preuve, moins de 10 secondes se sont écoulées entre l’immobilisation de la voiture-patrouille par les policiers et le tir sur l’adolescent. Par ailleurs, une enquête administrative a été lancée en juin 2026 par le gouvernement du Québec pour évaluer la gestion de l’intervention par le SPAL. Cette enquête fait suite à une demande de la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, qui avait souligné la nécessité de réponses claires et transparentes pour restaurer la confiance du public.

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