Affaire Nooran Rezayi : un an plus tard, les proches toujours en quête de réponses
Un an après la mort de Nooran Rezayi, abattu par un policier de Longueuil lors d’une intervention controversée, les zones d’ombre persistent malgré les enquêtes en cours. Entre délais judiciaires, enjeux de transparence et tensions autour de l’identité des agents impliqués, cette affaire interroge la gestion des interventions policières et la confiance des citoyens dans les institutions. L’absence de réponses claires soulève des questions sur les mécanismes de contrôle et les attentes en matière de responsabilité publique.
Quels sont les faits déclencheurs de l’intervention policière ayant conduit à la mort de Nooran Rezayi ?
Le 21 septembre 2025, un appel au 911 signale la présence d’un groupe de jeunes masqués et armés dans un quartier résidentiel de Longueuil. Des policiers du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) interviennent et, peu après leur arrivée, un agent ouvre le feu à deux reprises sur Nooran Rezayi. Aucune arme à feu n’est retrouvée sur les lieux, à l’exception de l’arme de service du policier.
Pourquoi la divulgation de l’identité du policier ayant tiré reste-t-elle un sujet de controverse ?
La famille de Nooran Rezayi demande à connaître l’identité du policier et de son coéquipier via une procédure judiciaire, arguant que cela relève du principe de transparence démocratique. La Ville de Longueuil s’y oppose, invoquant des risques pour la sécurité de l’agent, déjà menacé sur les réseaux sociaux et faisant l’objet d’un contrat pour assassinat rendu public. Le Procureur général du Québec conteste également cette demande.
Quels sont les délais et les obstacles rencontrés par la famille dans l’attente de réponses ?
Plus de cinq mois après le drame, le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) a transmis un rapport incomplet au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui n’a reçu les derniers éléments qu’à la fin juillet 2026. La famille dénonce une attente éprouvante, tandis que le DPCP rappelle que les délais dépendent de la complexité du dossier. Par ailleurs, une enquête administrative a été lancée pour examiner la gestion de l’intervention par le SPAL, mais ses conclusions ne sont pas encore connues.
Quelles conséquences juridiques et sociales découlent de cette affaire ?
La famille a intenté une poursuite civile contre la Ville de Longueuil et les policiers impliqués, réclamant 2,2 millions de dollars en dommages et intérêts. Par ailleurs, le DPCP a suspendu les procédures contre 11 adolescents arrêtés dans le cadre de cette affaire, le temps d’examiner certains aspects. Ces mesures temporaires visent à éviter des décisions hâtives, mais elles alimentent aussi l’incertitude pour les proches et la société civile.
Ce que ça pourrait changer
Cette affaire pourrait redéfinir les attentes en matière de transparence policière et de responsabilité institutionnelle, notamment si les enquêtes ou les poursuites aboutissent à des décisions perçues comme partiales ou incomplètes. Elle met aussi en lumière les tensions entre sécurité des agents et droit du public à l’information, un équilibre délicat à trouver pour restaurer la confiance. Enfin, les suspensions de procédures contre les jeunes pourraient relancer des débats sur la justice juvénile et les critères d’intervention policière.

