Pour faire baisser sa tension, un bain chaud de 30 minutes pourrait être plus efficace que 30 minutes de sport
Trente minutes dans une eau à 40 degrés abaissent la pression artérielle plus que le vélo. Un bain chaud dilate aussi les microvaisseaux, alors que l'effort les laisse inchangés.
En septembre 2026, des chercheurs de l’université d’Australie-Occidentale ont mené une étude publiée dans l’European Journal of Applied Physiology pour comparer les effets d’un bain chaud et d’une séance de vélo sur la pression artérielle. L’expérience a impliqué vingt-cinq adultes âgés de 45 à 70 ans, en surpoids ou obèses, avec un indice de masse corporelle moyen de 29,4. Chaque participant a effectué les deux activités, espacées de trois jours, dans un ordre aléatoire. L’immersion dans une eau à 40 degrés pendant trente minutes a montré une réduction plus marquée de la pression artérielle que le vélo, réalisé à 60 ou 70 % de la fréquence cardiaque maximale pendant la même durée.
Les résultats indiquent que le bain chaud réduit la pression artérielle moyenne de 8 millimètres de mercure, contre seulement 1 millimètre pour le vélo. Pour la pression diastolique (la pression dans les artères entre deux battements de cœur), la baisse est de 10 points après le bain, contre 2 points après le vélo. Ces chiffres sont mesurés immédiatement après les activités, sans temps de récupération. La chaleur de l’eau dilate les microvaisseaux de la peau, améliorant la circulation sanguine, tandis que l’effort physique ne modifie pas ces vaisseaux. Les chercheurs ont utilisé une technique d’imagerie appelée tomographie par cohérence optique pour observer ces changements sans intervention invasive.
La baisse de la pression artérielle après un bain chaud s’explique en partie par l’augmentation de la température centrale du corps, qui passe de 0,9 degré dans l’eau à 0,7 degré à vélo. Cette hausse de température pousse le corps à envoyer plus de sang vers la peau pour évacuer la chaleur, réduisant ainsi la pression dans les vaisseaux. Le cœur bat également plus vite pendant l’effort physique que pendant l’immersion. Cependant, les chercheurs soulignent que ces mécanismes ne sont pas totalement compris et que la durée de l’effet sur la tension artérielle reste inconnue, faute de mesures réalisées après une heure ou plus.
L’étude présente plusieurs limites. Le nombre de participants, vingt-cinq, est relativement faible, ce qui peut affecter la généralisation des résultats. De plus, les deux activités n’imposent pas la même contrainte thermique au corps, rendant la comparaison moins directe. L’absence de mesures à long terme empêche de savoir si la baisse de tension persiste plusieurs heures ou jours après l’activité. Enfin, l’étude ne permet pas de conclure sur les effets cumulatifs d’un bain chaud ou d’un exercice physique sur la santé cardiovasculaire à long terme.
Les chercheurs insistent sur le fait qu’un bain chaud ne peut pas remplacer les bienfaits du sport, notamment pour renforcer le cœur et réguler la glycémie. Le vélo, par exemple, améliore la condition cardiovasculaire et contribue à la gestion du poids, des aspects que le bain chaud ne couvre pas. Cependant, le bain chaud pourrait être une alternative pour les personnes âgées ou celles qui ne peuvent plus pratiquer d’activité physique intense, comme après une blessure. Les auteurs recommandent tout de même de consulter un médecin avant de privilégier le bain chaud, car une eau à 40 degrés peut faire chuter la pression artérielle de manière significative au moment de sortir du bain.

