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Généraliste

L’épargne, un frein à l’achat d’une maison pour les nouveaux arrivants au Québec

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

L’obtention d’un emploi mieux rémunéré et d’un historique de crédit au Canada sont aussi nommé comme obstacles..

Épargne, principal obstacle

Pour les nouveaux arrivants au Québec souhaitant acheter une maison, l’épargne représente le plus grand frein selon un sondage de Royal LePage publié en septembre 2026. Parmi les répondants, 63 % citent cette difficulté, devant l’obtention d’un emploi plus stable ou mieux rémunéré (41 %). La mise de fonds, somme d’argent à verser au moment de l’achat d’un bien immobilier, est souvent difficile à constituer pour ces nouveaux résidents. Dina Morsi, courtière immobilière chez Royal LePage, confirme que cette préoccupation est fréquente, tant auprès des nouveaux arrivants que des Canadiens de naissance. Le sondage révèle aussi que 71 % des nouveaux arrivants non propriétaires au Québec envisagent d’acheter une résidence principale, tandis que 27 % y renoncent.

Crédit et historique financier

Un autre défi majeur pour les nouveaux arrivants est la constitution d’une cote de crédit ou d’un historique de crédit au Canada, une préoccupation citée par 27 % des répondants. La cote de crédit est une note attribuée par les institutions financières qui reflète la capacité d’une personne à rembourser ses dettes. Sans historique local, les nouveaux arrivants peuvent rencontrer des difficultés pour obtenir un prêt hypothécaire. Dina Morsi souligne que, malgré l’existence de programmes d’aide, cette étape supplémentaire complexifie le processus par rapport aux Canadiens natifs. Cette difficulté pourrait expliquer pourquoi 51 % des nouveaux arrivants au Québec prévoient d’acheter une propriété dans plus de deux ans ou selon un calendrier incertain.

Calendrier d'achat différé

Le sondage révèle que les nouveaux arrivants au Québec sont ceux qui envisagent le plus souvent d’acheter une maison dans plus de deux ans, avec 51 % de répondants dans cette situation. En comparaison, 30 % prévoient un achat dans un à deux ans, et seulement 10 % dans moins d’un an. Le Québec se distingue des autres provinces canadiennes, où les nouveaux arrivants sont plus nombreux à envisager un achat dans un délai plus court. Cette tendance pourrait refléter les obstacles financiers et administratifs rencontrés, ainsi que la perception d’une accessibilité réduite au logement par rapport à leur pays d’origine.

Perception de la difficulté

Un tiers des nouveaux arrivants au Québec s’attendent à ce que l’achat d’une maison soit plus difficile au Canada que dans leur pays d’origine. Parmi eux, 33 % partagent cette opinion, tandis que 24 % estiment que la difficulté sera similaire et 29 % pensent que ce sera plus facile. Dina Morsi explique cette perception par le fait que, au Canada, « la maison est devenue beaucoup moins abordable par rapport aux revenus ». Elle ajoute que, dans de nombreux pays d’origine des nouveaux arrivants, l’accès au logement est souvent plus simple en raison d’une moindre disparité entre les revenus et les coûts des maisons.

Propriété et durée de séjour

Le sondage montre une corrélation entre la durée de séjour au Canada et la probabilité d’être propriétaire d’un bien immobilier. Parmi les répondants installés depuis moins d’un an, seulement 13 % sont propriétaires. Ce pourcentage passe à 20 % pour ceux vivant au Canada depuis un à trois ans, et à 24 % pour ceux présents depuis trois à cinq ans. Enfin, 45 % des nouveaux arrivants installés depuis cinq à dix ans sont propriétaires. Ces chiffres illustrent l’évolution progressive des nouveaux arrivants vers l’accession à la propriété, souvent après plusieurs années d’installation et d’épargne.

Ce que ça pourrait changer

Le sondage a été réalisé entre le 25 août et le 8 septembre 2026 par la firme Burson, via le panel en ligne de Léger. Il a interrogé 1 400 nouveaux arrivants ayant immigré au Canada au cours des 10 dernières années. Bien que l’échantillon soit non probabiliste, ce qui ne permet pas de calculer une marge d’erreur précise, les organisateurs indiquent qu’un échantillon probabiliste de 1 400 répondants aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3 %, 19 fois sur 20. Cette précision méthodologique permet de relativiser la portée des résultats tout en offrant une vision représentative des tendances.

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