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La Syrie annonce un accord concernant le sort des bases russes sur son territoire

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 24 j

Les bases de Tartous et de l'aéroport de Hmeimim seront transformées « en centres conjoints de formation »..

Chute de Bachar al-Assad

En 2024, après treize années de guerre civile, Bachar al-Assad, président syrien au pouvoir depuis 2000, a été renversé par une coalition de rebelles islamistes. Ce changement de régime a marqué un tournant dans l’histoire de la Syrie. Pendant le conflit, la Russie avait joué un rôle clé en soutenant militairement al-Assad, notamment grâce à ses deux bases situées sur le territoire syrien : la base navale de Tartous et la base aérienne de Hmeimim. Ces installations ont permis à Moscou d’apporter un appui aérien décisif aux forces du régime, contribuant à sa survie. Depuis la chute d’al-Assad, la Russie a dû adapter sa présence en Syrie pour négocier de nouveaux accords avec les autorités syriennes en place.

Accord sur les bases russes

La Syrie et la Russie ont finalisé un accord concernant le devenir des deux bases militaires russes sur son sol, après un an et demi de négociations. Cet accord prévoit la transformation des installations militaires de Tartous et de Hmeimim en centres conjoints de formation, tout en préservant les intérêts des deux pays. Un délai de trois mois maximum a été fixé pour finaliser ce processus. Parallèlement, les infrastructures civiles de ces bases seront transférées aux autorités syriennes. Ces bases étaient les seuls avant-postes militaires officiels de la Russie en dehors de l’ex-URSS et sont restées opérationnelles durant les discussions.

Nouveaux dirigeants syriens

Depuis la chute d’al-Assad, un nouveau président syrien, Ahmad al-Chareh, a pris les rênes du pays. Il a été reçu à deux reprises par le président russe Vladimir Poutine à Moscou, notamment en janvier 2026, pour renforcer les relations bilatérales. Poutine a salué les efforts d’al-Chareh pour rétablir l’intégrité territoriale de la Syrie, un objectif prioritaire pour Damas. La Syrie a également exigé à plusieurs reprises l’extradition de Bachar al-Assad, actuellement réfugié à Moscou avec son épouse. Plus tôt en 2026, la Russie avait déjà retiré ses forces de l’aéroport de Qamichli, dans le nord-est du pays, une zone sous contrôle kurde.

Transfert des infrastructures

Dans le cadre de l’accord, les Syriens ont commencé à prendre le contrôle des infrastructures civiles liées aux bases russes. Par exemple, l’Autorité syrienne de l’aviation civile a récupéré l’aéroport international de Lattaquié, situé à proximité de la base de Hmeimim. Cet aéroport, autrefois géré en lien avec la présence militaire russe, sera désormais intégré au système national de l’aviation civile syrienne. Les autorités syriennes prévoient de le remettre en état pour relancer les activités aériennes du pays. Ce transfert symbolise une normalisation progressive des relations entre les deux pays.

Ce que ça pourrait changer

Moscou n’a pas encore réagi publiquement à l’annonce de cet accord. Pour la Syrie, cet arrangement est qualifié d’historique par l’agence de presse officielle Sana, car il marque une nouvelle étape dans la coopération entre les deux nations après la chute du régime précédent. Cet accord intervient dans un contexte où la Russie cherche à maintenir son influence en Syrie, malgré la perte de son allié historique, Bachar al-Assad. Pour Damas, il s’agit de sécuriser des partenariats militaires et économiques tout en réaffirmant sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire.

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