Matcha : pourquoi cette boisson “healthy” menace votre santé ?
Si le matcha est votre tasse de thé, il va peut-être falloir changer vos habitudes..
Le matcha, une boisson à base de thé vert en poudre, connaît un essor fulgurant depuis quelques années. Popularisée dans les coffeeshops et adoptée par les amateurs de bien-être, sa consommation a été multipliée par cinq entre l’été 2023 et l’été 2024. Le marché du matcha devrait même progresser de 53 % d’ici 2029 selon The Economist. Ce succès s’explique par son image healthy : riche en antioxydants, il est associé à des bienfaits pour la santé, comme la prévention des risques cardiovasculaires ou des maladies neurodégénératives. Son esthétique et son goût unique en ont fait une boisson tendance, notamment dans les milieux bobo et parmi les adeptes du lifestyle bien-être.
Une étude de l’association de consommateurs Que Choisir, publiée en 2026, révèle que sept références de matcha, analysées entre 2023 et 2024, contiennent toutes de l’aluminium, un métal considéré comme neurotoxique en cas d’exposition chronique. Plus alarmant encore, plus de la moitié de ces produits dépassent la valeur toxicologique de référence (VTR) fixée par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire). Cette valeur, autrefois établie à 143 microgrammes d’aluminium par kilogramme de poids corporel et par jour, a été abaissée à 40 microgrammes en 2025. L’aluminium est naturellement présent dans les sols volcaniques, où sont cultivés les théiers en Asie, mais son absorption diffère selon la préparation du thé.
Contrairement au thé vert classique, dont les feuilles sont simplement infusées dans de l’eau chaude, le matcha est préparé à partir de feuilles de tencha broyées en une poudre fine, mélangée directement à de l’eau chaude ou du lait. Résultat : en consommant du matcha, on ingère l’intégralité de l’aluminium contenu dans les feuilles, alors que dans le thé vert infusé, seule une infime partie du métal passe dans l’eau. L’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) précise que moins de 1 % de l’aluminium ingéré par voie orale est absorbé par l’organisme, mais l’exposition chronique reste un sujet de préoccupation, d’autant que 39 % des adultes dépassent déjà la VTR fixée par l’Anses.
L’étude de Que Choisir souligne que les références de matcha les moins chères sont souvent les plus contaminées, sans que l’Union européenne n’ait établi de teneur maximale réglementaire pour l’aluminium dans les boissons ou les aliments. Bien que l’absorption digestive de l’aluminium soit faible, les autorités sanitaires recommandent de modérer sa consommation. Le matcha, bien que bénéfique sur certains aspects, pourrait donc représenter un risque à long terme en cas de consommation régulière. Les consommateurs sont invités à privilégier des produits de qualité, tout en gardant à l’esprit cette alerte sanitaire.
Cette découverte intervient dans un contexte où la consommation de matcha est en forte croissance en France et en Europe. L’absence de réglementation stricte sur la teneur en aluminium dans les aliments et boissons aggrave le problème, car les consommateurs ne disposent d’aucun repère pour choisir des produits sûrs. Les autorités sanitaires, comme l’Anses ou l’EFSA, appellent à une vigilance accrue, tout en rappelant que l’aluminium reste un métal présent naturellement dans l’environnement. Cette situation pourrait inciter les producteurs à revoir leurs méthodes de culture ou de transformation pour limiter la contamination.

