Carney annonce une éventuelle subvention jusqu’à 10 000$ pour l’achat d’une thermopompe
Des estimations suggérant une hausse des GES au Canada en 2025 sont parues peu avant sa conférence de presse..
Le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé le 8 octobre 2026 le lancement d’un programme fédéral visant à encourager le remplacement des systèmes de chauffage vieillissants par des thermopompes. Ce programme, dont le lancement est prévu pour début 2027, offrira des subventions pouvant atteindre 10 000 dollars canadiens pour les ménages dont les revenus sont inférieurs au revenu médian canadien, et 2 000 dollars pour les autres. L’objectif est de rendre ces aides financières accessibles à tous les types de chauffages obsolètes, comme ceux fonctionnant au mazout, au propane, au diesel ou aux plinthes électriques. Ottawa étudie même la possibilité d’étendre ces subventions rétroactivement à l’automne 2026. Ce programme s’inscrit dans la continuité d’une ancienne initiative, la Subvention canadienne pour des maisons plus vertes, mais avec des critères élargis et des montants revus à la hausse.
Mark Carney a souligné les atouts des thermopompes lors de son annonce. Ces appareils, moins chers et plus propres que les fournaises (systèmes de chauffage au mazout ou à l’électricité), sont également deux à trois fois plus écoénergétiques, c’est-à-dire qu’ils consomment moins d’énergie pour produire la même quantité de chaleur. Selon le premier ministre, une thermopompe permet un retour sur investissement de 1 400 dollars par an pour un ménage moyen, grâce aux économies réalisées sur la facture énergétique. Par ailleurs, ces appareils réduisent les émissions de gaz à effet de serre (GES), un enjeu majeur pour le Canada qui cherche à limiter son impact environnemental. Le gouvernement estime que ce programme pourrait éviter l’émission de 25 mégatonnes de CO₂ sur 20 ans, soit l’équivalent des émissions de 161 millions de voitures à essence roulant pendant un an.
Les subventions seront attribuées en fonction des revenus des ménages. Les foyers dont les revenus sont inférieurs au revenu médian canadien pourront bénéficier d’une aide maximale de 10 000 dollars, tandis que les autres recevront jusqu’à 2 000 dollars. Le gouvernement fédéral a prévu une enveloppe totale de 2 milliards de dollars sur huit ans pour financer ce programme, qui vise à rénover un million de logements. Pour accélérer le processus, Ottawa promet une confirmation d’admissibilité sous 24 heures et le versement de la subvention cinq jours après la réception des factures, via un portail en ligne convivial. Le premier ministre a également évoqué la possibilité de cumuler cette subvention fédérale avec d’autres aides, comme celle d’Hydro-Québec (environ 3 000 dollars), réduisant ainsi le délai de rentabilité d’une thermopompe à trois ans au lieu de cinq.
L’annonce de ce programme intervient dans un contexte où les émissions de GES du Canada ont augmenté de 1 % en 2025, selon l’Institut climatique du Canada. Cette hausse s’explique en partie par l’affaiblissement de certaines politiques climatiques sous le gouvernement précédent, ainsi que par des projets industriels à forte intensité carbone. Mark Carney a critiqué l’approche de l’ancien gouvernement, tout en insistant sur la nécessité de concilier politique climatique et politique d’abordabilité, c’est-à-dire des mesures accessibles aux ménages. Il a également évoqué un monde plus divisé et dangereux, où la réduction des coûts énergétiques devient une priorité pour les Canadiens. Le programme sur les thermopompes est présenté comme une solution à la fois écologique et économique, permettant de diminuer les dépenses des ménages tout en luttant contre le réchauffement climatique.
Au Québec, la majorité des logements sont chauffés par des *plinthes électriques*, un système moins efficace que les thermopompes. Selon un fonctionnaire fédéral, les thermopompes consomment moins de 50 % de l’électricité utilisée par les plinthes ou les fournaises électriques, ce qui représente une économie significative pour les ménages. Le programme fédéral vise donc à encourager l’adoption de cette technologie dans toutes les provinces, y compris celles où le chauffage au mazout ou au propane reste dominant. Plus de sept millions de ménages canadiens utilisent encore ces systèmes de chauffage obsolètes, malgré leur impact environnemental et leur coût élevé. Le gouvernement mise sur ce programme pour accélérer la transition énergétique et réduire la dépendance aux énergies fossiles dans les foyers.

