Agente de protection de la faune
Castors, orignaux, écureuils volants, aigles, salamandres, ouananiches... La diversité faunique du Québec est une richesse à protéger ! La chasse, si elle est pratiquée incorrectement, peut menacer la survie de certaines espèces.
Les agentes et agents de protection de la faune, aussi appelés gardes forestiers ou gardes-chasse, agissent comme des policiers de la nature au Québec. Leur mission principale consiste à surveiller et protéger la biodiversité, composée d’espèces comme le castor, l’orignal, l’aigle à tête blanche ou la salamandre. Ils contrôlent notamment le respect des règles de chasse, comme la possession d’un permis de chasse valide ou l’interdiction de chasser certaines espèces à des périodes précises. Leur rôle inclut aussi la lutte contre le braconnage, c’est-à-dire la capture ou la chasse illégale d’animaux. Ces professionnels interviennent en cas d’urgence, comme une pollution aux produits chimiques, et sensibilisent le public aux bonnes pratiques. Leur travail s’effectue sur le terrain, dans des environnements variés, et combine prévention, éducation et application de la loi. Ils collaborent avec des autorités comme le Ministère des Ressources naturelles et de la Faune ou Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec), une organisation publique gérant des parcs et réserves naturelles.
Nathalie Vallée, agente de protection de la faune depuis 2009, illustre ce métier. Après avoir patrouillé dans la région de Charlevoix pendant trois ans et demi, elle enseigne désormais au Centre de formation forestier de Duchesnay. Elle souligne l’importance de protéger la faune depuis son adolescence, motivée par les comportements abusifs envers l’environnement. Selon elle, les qualités essentielles pour exercer ce métier incluent la curiosité, l’ingéniosité et un bon esprit d’enquête, car les agents doivent souvent reconstituer des situations illégales. La résistance physique et mentale est cruciale, car les interventions peuvent être dangereuses, notamment face à des individus armés. Nathalie insiste aussi sur l’aspect technique du travail, qui implique de longues heures passées à compiler des données sur ordinateur. Ce métier s’adresse aux passionnés de plein air et de protection animale, prêts à agir contre le braconnage.
Le métier d’agente de protection de la faune comporte des risques quotidiens. Nathalie Vallée explique que la sécurité est une priorité absolue, car les agents interviennent souvent dans des zones où des braconniers peuvent être armés. Elle précise que les déplacements se font à pied, en vélo tout-terrain, en bateau, en camion, en motoneige ou en raquettes, selon la saison, avec un équipement pouvant peser jusqu’à 40 livres (environ 18 kg), incluant radio, vêtements de rechange et outils. Les distances parcourues en une journée varient entre 2 et 20 kilomètres, selon le terrain et la condition physique. Nathalie a déjà été confrontée à des situations tendues, comme une altercation avec un contrevenant menaçant, mais jamais avec une arme pointée sur elle. Elle a aussi secouru un aigle à tête blanche, une espèce vulnérable, piégé accidentellement par un trappeur, avant de le confier à une organisation spécialisée pour soins et libération.
Une journée de travail de Nathalie commence souvent avant l’aube, surtout pendant la période de pêche en juin. Après une collation rapide, elle consulte ses messages au bureau à 4 heures du matin. Son rôle inclut alors la vérification des signalements, comme un cerf abattu hors saison, ce qui est interdit. Équipée de jumelles, d’un GPS et d’un imperméable, elle se rend sur le terrain avec un collègue pour recueillir des preuves et des photos. L’enquête peut déjà orienter vers un suspect, dont les antécédents sont vérifiés via une base de données policière. Plus tard dans la journée, une alerte signale un ours trop proche d’une garderie : l’équipe l’immobilise avec des fléchettes anesthésiantes, le place dans une cage, puis le relâche après lui avoir posé une étiquette jaune à l’oreille pour le suivre. La journée se termine par des contrôles auprès de pêcheurs avant un retour vers 18 heures.
Pour devenir agente de protection de la faune, plusieurs formations sont possibles au Québec. Au niveau collégial (cégep), les parcours incluent un DEC (Diplôme d’études collégiales) en techniques d’aménagement cynégétique et halieutique (gestion de la chasse et de la pêche) ou en techniques du milieu naturel, option conservation de la faune. Une AEC (Attestation d’études collégiales) en protection de la faune, d’une durée d’environ 16 mois, ou un DEP (Diplôme d’études professionnelles) en protection et exploitation de territoires fauniques, d’un an et demi, sont aussi proposés. Toutes ces formations préparent aux exigences de la Loi de police du Québec, qui encadre les compétences des agents. Pour travailler au sein du gouvernement, comme au Ministère des Ressources naturelles et de la Faune, les candidats doivent réussir une liste de déclaration d’aptitudes, puis suivre une formation rémunérée de 12 semaines au Centre de formation et de perfectionnement de la protection de la faune à Duchesnay, suivie d’un stage sur le terrain.
Les agentes et agents de protection de la faune peuvent exercer dans divers secteurs. Au niveau privé, ils travaillent pour des *ZEC* (Zones d’exploitation contrôlée), des pourvoiries (entreprises offrant des activités de chasse ou pêche), des centres d’interprétation de la nature ou des entreprises de tourisme d’aventure. Au niveau public, ils sont employés par des ministères comme celui de l’Environnement, des Pêches et Océans, ou des Ressources naturelles et de la Faune, ainsi que par *Parcs Canada* ou la *SÉPAQ*. D’autres opportunités existent dans des groupements forestiers ou des parcs régionaux. Les agents du gouvernement doivent d’abord réussir les étapes de sélection du ministère concerné avant de suivre une formation spécifique. Une fois diplômés, ils effectuent un stage pratique dans un bureau de protection de la faune pour acquérir une expérience terrain.

