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Philosophie

La vie déborde – sur Tombeau de Parsifal de Dimitri Bortnikov

AOC Media · mis à jour 27 sept.

Tombeau de Parsifal ne ressemble en rien aux romans platement réalistes qui, à chaque rentrée, persistent à adopter une narration linéaire enchaînant les causes et les effets. Parlant depuis la doublure de la langue, le nouveau roman de Dimitri Bortnikov invite le lecteur à recomposer les épisodes versés au kaléidoscope de la mémoire, alors qu'est rendu impossible le retour à la Russie de l'enfance.

Roman non réaliste

Le roman Tombeau de Parsifal de Dimitri Bortnikov se distingue des récits réalistes traditionnels qui suivent une narration linéaire, enchaînant causes et effets de manière prévisible. L'auteur propose une structure fragmentée, où les souvenirs et les épisodes se mélangent comme dans un kaléidoscope. Cette approche invite le lecteur à recomposer lui-même le récit à partir d'éléments dispersés. Le roman aborde l'impossibilité de retourner à la Russie de l'enfance du narrateur, un thème central qui influence la construction du récit. Dimitri Bortnikov, auteur russe, a publié ce livre après L’Agneau des neiges en 2021, qui racontait l'histoire d'une orpheline pendant le siège de Leningrad (1941-1944).

Écriture et prière

Dimitri Bortnikov établit un parallèle entre l'écriture et la prière dans Tombeau de Parsifal. Il suggère que, comme une prière, un texte écrit ne peut être entièrement vérifié ou compris, même par son auteur. L'écriture, comme la prière, est un mélange de désirs, de croyances et d'intentions, souvent inconscientes. Cette comparaison est renforcée par des références à des auteurs comme Kafka ou Jon Fosse, qui ont évoqué cette proximité entre les deux activités. Le roman explore cette idée en s'aventurant dans les méandres de la mémoire, où la langue devient un outil fragile pour explorer l'inconnu, comme une canne pour un aveugle cherchant son chemin.

Mémoire et langue

Dans Tombeau de Parsifal, la mémoire est présentée comme un fleuve aux courants imprévisibles, où les souvenirs se superposent et se transforment. L'auteur utilise la langue comme un moyen de naviguer dans ces eaux troubles, en quête d'une vérité qui reste toujours hors de portée. La phrase devient un point d'ancrage, une vibration à laquelle s'accrocher pour avancer. Cette exploration de la mémoire et de la langue rappelle les thèmes chers à Bortnikov, qui a déjà abordé des sujets comme le fleuve des enfers dans des œuvres précédentes comme Face au Styx (2011) ou Repas des morts (2006). Le roman invite le lecteur à accepter l'incertitude et l'ambiguïté comme parties intégrantes de l'expérience humaine.

Ce que ça pourrait changer

Dimitri Bortnikov, auteur russe, est connu pour ses romans qui explorent des thèmes profonds et souvent sombres, mêlant réalité et onirisme. *Tombeau de Parsifal* s'inscrit dans une continuité thématique avec ses œuvres précédentes, notamment *L’Agneau des neiges* (2021), qui plongeait le lecteur dans le cauchemar du siège de Leningrad. Le roman actuel, publié en 2026, confirme son style unique, où la langue atteint des degrés d'incandescence pour décrire des paysages intérieurs et extérieurs complexes. Bertrand Leclair, l'auteur de l'article, souligne cette continuité tout en mettant en avant la singularité de cette nouvelle œuvre.

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