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Droit

Soudan : les drones armés étendent les ravages du conflit, frappant hôpitaux et écoles

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 13 j

Au Soudan, les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) recourent de plus en plus à des drones à longue portée, ce qui se traduit par des attaques s’étendant désormais bien au-delà des lignes de front traditionnelles. Ecoles, hôpitaux, marchés : les populations sont ainsi exposées à des attaques dont les effets dépassent largement le champ de bataille.

Guerre au Soudan

Le conflit au Soudan oppose depuis 2023 les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire. Cette guerre, qui dure depuis près de quatre ans, a déjà causé une crise humanitaire majeure avec plus de 6 millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et 4,5 millions contraintes de fuir vers les pays voisins comme le Soudan du Sud ou le Tchad. Les combats se concentrent notamment dans les régions du Darfour, du Kordofan, du Nil Bleu et d’El-Obeid. Les infrastructures civiles, comme les écoles, les hôpitaux et les marchés, sont de plus en plus ciblées, aggravant la souffrance des populations.

Drones et frappes

Les drones armés jouent un rôle croissant dans ce conflit, étendant les ravages bien au-delà des zones de combat traditionnelles. Des frappes attribuées aux FSR et aux FAS ont visé des lieux censés protéger les civils, comme des écoles, des hôpitaux, des marchés ou des sites d’accueil pour déplacés. Par exemple, à Kalogi (Kordofan du Sud), des attaques contre une école maternelle et un hôpital ont fait 114 morts, dont 60 enfants. À Da’ein (Darfour), une frappe a rendu l’hôpital universitaire inutilisable, tuant au moins 70 personnes. À Yabus (Nil Bleu), des drones ont endommagé des infrastructures hydrauliques et des commerces. Ces attaques perturbent durablement l’accès aux services essentiels, comme les soins ou l’éducation.

Impact sur les enfants

Les enfants sont particulièrement touchés par ces destructions. La destruction d’écoles, d’hôpitaux ou de maternités prive les plus jeunes d’un accès à l’éducation et aux soins, mais aussi à un environnement stable. À El-Obeid, une maternité a dû suspendre ses activités après qu’une frappe à proximité eut endommagé ses blocs opératoires et sa pharmacie. Selon Mohamed Chande Othman, président de la Mission internationale indépendante d’enquête de l’ONU sur le Soudan, ces attaques « affectent non seulement leur sécurité aujourd’hui, mais aussi leur développement et leur bien-être futurs ». Les chiffres sont alarmants : 60 enfants tués à Kalogi, 70 personnes à Da’ein, et des millions d’autres exposés à des risques similaires.

Soutiens étrangers

Le conflit est alimenté par des soutiens étrangers, notamment le recrutement de combattants et l’approvisionnement en armes. La Mission de l’ONU a documenté l’implication d’un réseau transnational reliant des entités aux Émirats arabes unis, au Tchad, à la Libye et à la Somalie. Parmi les combattants étrangers, on compte jusqu’à 2 000 anciens contractuels de l’armée colombienne combattant aux côtés des FSR au Darfour et au Kordofan. D’autres combattants viennent du Soudan du Sud, du Tchad ou de l’Éthiopie. Ces soutiens incluent aussi le transfert d’armes, de munitions et de technologies militaires. La Mission met en garde les États qui continuent à apporter un soutien malgré les violations documentées, soulignant que leur responsabilité pourrait être engagée.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’escalade de la violence, des responsables de l’ONU ont lancé des appels urgents pour mettre fin aux ingérences étrangères et rétablir la paix. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a insisté sur la nécessité d’un « cessez-le-feu immédiat, la fin de toute ingérence étrangère et le retour à un régime civil inclusif ». La Mission de l’ONU demande également l’application effective de l’**embargo sur les armes** au Darfour et son extension à l’ensemble du territoire soudanais. Malgré ces alertes, la situation reste critique, notamment dans les régions du Kordofan, du Nil Bleu, du Darfour du Nord et de l’Ouest, où les civils restent exposés à un risque « imminent ».

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