Des Iraniens racontent leur quotidien : inflation, répression
En Iran, l’inflation galopante bouleverse le quotidien et nourrit la colère. Mais face à une répression féroce, beaucoup n’osent plus manifester.
En Iran, l'inflation atteint des niveaux critiques, rendant la vie quotidienne extrêmement difficile pour les habitants. Selon Amir, un Iranien de 40 ans interrogé dans l'article, les prix changent tous les jours en raison des sanctions internationales qui font monter la valeur du dollar et, par ricochet, celle des produits de base. Les Iraniens doivent ainsi s'adapter en permanence à ces fluctuations, achetant des denrées comme des œufs ou des légumes à des prix qui peuvent doubler en quelques heures. Cette situation économique précaire est aggravée par le fait que critiquer ouvertement cette crise peut entraîner des accusations de trahison envers le régime, voire des peines de prison ou la peine de mort. Les sanctions internationales, notamment celles imposées par les États-Unis, jouent un rôle central dans cette dégradation, car elles limitent les importations et perturbent l'économie locale.
La répression en Iran s'est intensifiée ces dernières années, rendant toute forme de contestation extrêmement risquée. Les autorités iraniennes étudient même un projet de loi prévoyant des peines de prison pour les Iraniens qui parlent à des journalistes étrangers, ce qui illustre la paranoïa du régime face à toute critique externe. Les manifestations, bien que fréquentes, sont sévèrement réprimées, comme en témoigne Shadi, une Iranienne exilée en Turquie. Elle décrit des scènes de violences extrêmes lors des soulèvements de janvier 2026, avec des incendies et du sang dans les rues. Les opposants au régime risquent d'être accusés d'espionnage au profit d'Israël ou d'autres pays étrangers, des accusations souvent utilisées pour justifier des arrestations arbitraires ou des exécutions. Cette répression systématique vise à étouffer toute velléité de changement politique.
Malgré des années de manifestations et de mouvements de protestation, les Iraniens interrogés dans l'article expriment un profond pessimisme quant à la possibilité d'un changement de régime. Reza, 26 ans, vivant à Téhéran, explique que même s'il était prêt à manifester, il ne croit plus en l'efficacité de ces actions, qui se soldent souvent par des violences et des arrestations. Sanaa, 33 ans, partage ce sentiment, soulignant que les militants emprisonnés, exécutés ou tués dans les rues n'ont pas suffi à faire tomber le pouvoir. Les espoirs d'une intervention extérieure, comme celle souhaitée par certains Iraniens avant la guerre de février 2026, se sont également dissipés, car les conflits récents n'ont fait qu'aggraver la situation pour la population.
La guerre entre l'Iran, les États-Unis et Israël, déclenchée en février 2026, a profondément marqué la société iranienne. Contrairement aux attentes de certains Iraniens qui espéraient qu'une intervention étrangère pourrait renverser le régime, cette guerre a surtout aggravé les difficultés économiques et sécuritaires. Sanaa, une Iranienne vivant à Téhéran, explique que les puissances étrangères défendent avant tout leurs propres intérêts et non ceux du peuple iranien. Hamid, exilé à Istanbul, va plus loin en comparant cette situation à d'autres conflits récents comme ceux en Irak, en Afghanistan ou en Syrie, où les interventions étrangères ont souvent conduit à des crises humanitaires et à l'instabilité. Cette défiance envers les puissances étrangères s'est donc renforcée, même parmi ceux qui critiquent le régime iranien.
Face à cette triple crise – économique, politique et militaire –, les Iraniens développent des stratégies de survie pour continuer à vivre malgré tout. Certains, comme Amir, utilisent des outils numériques pour contourner la censure et partager des informations sur l'inflation, malgré les risques encourus. D'autres, comme Shadi, choisissent l'exil pour échapper à la répression, bien que cette solution ne soit accessible qu'à une minorité. Sur les réseaux sociaux, des Iraniens publient des vidéos ironiques montrant leurs courses, avec des prix exorbitants, pour dénoncer la situation économique sans s'exposer directement. Ces formes de résistance passive ou créative permettent à certains de garder une lueur d'espoir, même si la majorité des témoignages recueillis dans l'article reflètent un sentiment de désillusion et de résignation.

