Les contrôles routiers de l’ICE suspendus après la mort de deux hommes en une semaine
Les agents de la police fédérale de l’immigration et des douanes ont été sommés de ne plus procéder, temporairement, à des contrôles routiers. Une décision qui fait suite à la mort de deux automobilistes, l’un mexicain, l’autre colombien, tués par des agents de l’ICE au Texas et dans le Maine alors qu’ils étaient au volant de leur véhicule, rapportent les médias américains..
L’administration Trump a ordonné aux agents de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, soit la police fédérale américaine chargée de la lutte contre l’immigration illégale et des douanes) de suspendre temporairement les contrôles routiers. Cette décision fait suite à deux incidents meurtriers impliquant des agents de l’ICE en une semaine. Le premier incident s’est produit à Houston, au Texas, le 7 juillet 2026, où Lorenzo Salgado Araujo, un Mexicain de 52 ans, a été abattu. Le second a eu lieu à Biddeford, dans le Maine, le 13 juillet 2026, où Joan Sebastian Guerrero, un Colombien de 26 ans, a également été tué. Ces deux hommes conduisaient leur véhicule lorsque les agents ont tenté de les intercepter. La suspension vise à permettre une réévaluation des procédures, bien que l’ICE affirme que ses opérations continuent et que le nombre d’arrestations et d’expulsions reste élevé.
Cette suspension intervient dans un contexte politique marqué par la promesse du président Donald Trump d’intensifier les arrestations et les expulsions d’immigrés en situation irrégulière aux États-Unis. Le responsable des questions frontalières au sein du gouvernement, Tom Homan, a qualifié cette pause de « disposition temporaire » destinée à s’assurer que les agents agissent correctement. Il a précisé que les opérations de l’ICE se poursuivent et que les chiffres des arrestations et expulsions atteignent des niveaux records. Cependant, cette directive pourrait compliquer la mission de l’agence, qui dépend en partie des contrôles routiers pour identifier et appréhender des personnes en situation irrégulière. Les deux incidents ont provoqué des manifestations dans les villes concernées, reflétant une opposition croissante aux méthodes de l’ICE.
Un autre point de controverse concerne l’absence de caméras piétons chez les agents de l’ICE, malgré une directive fédérale du 19 février 2026 rendant obligatoire le port de dispositifs de captation vidéo lors des interventions. Cette obligation avait été introduite après la mort de deux citoyens américains, Renee Good et Alex Pretti, à Minneapolis en janvier 2026, tués par des agents fédéraux. Le quotidien USA Today souligne que l’ICE n’a toujours pas équipé ses agents de ces caméras, ce qui limite la transparence et complique les enquêtes en cas d’incidents. Cette situation alimente les critiques contre l’agence, accusée de manquer de redevabilité et de recourir à des méthodes jugées trop agressives.
Les deux incidents meurtriers ont déclenché des vagues de protestations dans les villes de Houston et Biddeford. Des mémoriaux improvisés ont été érigés en hommage aux victimes, reflétant l’émotion et la colère des communautés locales. Ces événements s’ajoutent à une série de tensions sociales liées à la politique migratoire de l’administration Trump, qui vise à réduire drastiquement l’immigration illégale. Les manifestants dénoncent non seulement les bavures des agents de l’ICE, mais aussi une approche perçue comme inhumaine et discriminatoire envers les immigrés. Ces protestations s’inscrivent dans un mouvement plus large de contestation contre les méthodes de l’agence, déjà critiquée pour ses pratiques controversées.

