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«C’était ça ou mourir» restera en librairie

Le Devoir · mis à jour il y a 4 h

Les Éditions du Boréal disent toutefois n’avoir aucune preuve que Thélyson Orélien n’a pas utilisé d’IA..

Livre controversé maintenu

Le roman C’était ça ou mourir, écrit par Thélyson Orélien et publié par les Éditions du Boréal, restera disponible en librairie malgré des soupçons d’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour sa rédaction. La maison d’édition reconnaît ne disposer d’aucune preuve permettant de confirmer ou d’infirmer ces allégations. Le manuscrit a été reçu par les éditions le 12 septembre 2025, sans trace de son historique antérieur. Thélyson Orélien, interrogé par Le Devoir, affirme que son livre est le fruit de ses expériences personnelles et de celles des migrants, tout en reconnaissant avoir déjà commis des actes de plagiat par le passé. L’éditeur souligne que ces accusations de plagiat, distinctes des soupçons d’IA, sont prises au sérieux mais ne remettent pas en cause la publication du livre.

Preuves absentes et débats

Les Éditions du Boréal ont accompagné Thélyson Orélien dans la collecte de preuves pour répondre aux allégations d’utilisation d’IA, mais aucun élément ne permet de conclure à une utilisation de cet outil. L’auteur avait pourtant déclaré fin septembre être en train de constituer un dossier avec ses éditeurs en France et au Québec pour prouver son innocence. Cependant, Renaud Roussel, codirecteur général des Éditions du Boréal, indique que les preuves fournies n’ont pas permis de trancher. L’éditeur précise que la première version du manuscrit reçue date de septembre 2025, bien que l’auteur affirme l’avoir écrite dès 2019. Cette incohérence ajoute à la confusion entourant l’origine du texte. Les soupçons d’IA s’appuient sur des outils de détection dont la fiabilité est contestée par certains experts, ce qui rend leur utilisation comme preuve incertaine.

Succès commercial et processus éditorial

Malgré la polémique, C’était ça ou mourir connaît un succès commercial remarquable. En France, l’édition publiée par Grasset s’est écoulée à 73 683 exemplaires en seulement sept semaines, se classant deuxième des ventes. Au Québec, le livre occupe la quatrième place dans les palmarès des librairies Les libraires et Renaud-Bray. Le processus éditorial mené par les Éditions du Boréal a duré cinq mois, incluant révision linguistique et mise en page, un délai court pour une grande maison d’édition. Renaud Roussel explique que le texte présentait une voix unique et un sujet d’actualité, notamment les politiques migratoires américaines, justifiant sa publication. Le travail éditorial s’est concentré sur des ajustements structurels et des demandes de précision, sans réécriture majeure pour préserver l’authenticité de l’auteur.

Position des éditeurs sur l'IA

Les Éditions du Boréal affirment ne pas avoir à exiger de preuves de leurs auteurs concernant l’utilisation de l’IA, soulignant que les allégations ne justifient pas un rôle de surveillance. Renaud Roussel admet que le plagiat passé de Thélyson Orélien ajoute une ombre sur sa trajectoire, mais distingue cette pratique des soupçons d’IA, jugés moins fiables. L’éditeur annonce vouloir renforcer les balises pour l’avenir, notamment en demandant aux auteurs de déclarer toute utilisation d’IA et en limitant son usage à des outils comme la recherche. L’objectif est de préserver la transparence et de protéger les droits des auteurs. Les Éditions du Boréal collaborent avec l’Association des éditeurs de livres (ANEL) pour établir des règles plus strictes et éviter de futures situations similaires.

Ce que ça pourrait changer

Les Éditions du Boréal maintiennent un dialogue constant avec les 26 maisons d’édition étrangères ayant acquis les droits de *C’était ça ou mourir*. Certaines ont choisi de suspendre temporairement la commercialisation du livre en attendant l’évolution de la situation. En France, le roman est en lice pour les prestigieux prix Renaudot et Médicis, ce dernier devant annoncer sa deuxième sélection le 15 octobre. L’éditeur québécois ne prévoit pas, pour l’instant, d’utiliser des outils de détection d’IA en cas de doute, contrairement à certaines pratiques dans le monde anglo-saxon. La décision de maintenir le livre en vente s’avère payante, tant au Québec qu’à l’étranger, malgré les controverses. Les Éditions du Boréal insistent sur la nécessité de distinguer entre plagiat avéré et allégations non prouvées, tout en promettant une réflexion approfondie sur les pratiques éditoriales futures.

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