Les Européens renforcent leur soutien à Kiev
Après une réunion de 37 pays lundi à Paris, Moscou a dénoncé leur « coalition va-t-en guerre »..
Emmanuel Macron a organisé lundi 13 juillet 2026 un sommet à Paris réunissant 37 pays de la coalition des volontaires, une alliance créée pour soutenir militairement l'Ukraine face à la Russie. Parmi les participants figuraient 20 chefs d'État ou de gouvernement, dont le premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz, le premier ministre polonais Donald Tusk, ainsi que le président ukrainien Volodymyr Zelensky. La réunion s'est tenue à l'Hôtel des Invalides, un lieu emblématique de Paris. Cette coalition, lancée par la France et le Royaume-Uni, regroupe principalement des pays européens. Son objectif est d'accroître l'aide militaire à l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats une fois un cessez-le-feu signé, afin de dissuader toute nouvelle offensive russe. La Russie a réagi en qualifiant cette coalition de va-t-en-guerre, selon les propos du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Neuf pays européens, dont la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et l'Ukraine, ont annoncé la création d'une coalition dédiée au développement de capacités antibalistiques. Cette initiative vise à renforcer la défense de l'Ukraine contre les frappes massives de missiles russes, tout en améliorant la sécurité du continent européen. Les dirigeants de ces pays ont souligné que cette action n'est pas dirigée contre un peuple, mais en défense de l'Europe. Volodymyr Zelensky a salué cette initiative, la qualifiant de moyen plus rapide et moins coûteux de créer un bouclier protecteur pour l'Europe. Les pays concernés sont le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
L'Union européenne (UE) a accordé un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, dont 60 milliards sont destinés à l'aide militaire et 30 milliards au budget de l'État ukrainien. Le Royaume-Uni, qui a quitté l'UE en 2020 (Brexit), a accepté de participer à ce prêt en contribuant financièrement à hauteur de la valeur des contrats accordés à ses entreprises de défense. Keir Starmer, premier ministre britannique, a expliqué que cet accord permettrait à l'Ukraine de recevoir un soutien accru tout en soutenant l'industrie britannique de défense et en préservant des emplois qualifiés. L'UE et le Royaume-Uni cherchent ainsi à relancer leurs relations économiques et stratégiques.
Emmanuel Macron a mis en avant le réveil stratégique de l'Europe, soulignant que le continent devient une puissance capable de se défendre. Lors d'un discours aux armées à la veille du 14 juillet 2026, il a réaffirmé que la paix et la liberté sont les objectifs principaux, mais que l'Europe est prête à se battre pour les défendre au prix du sang s'il le faut. Cette déclaration s'adresse autant à la Russie qu'aux États-Unis, marquant une volonté d'autonomie stratégique européenne. Macron a également appelé à renforcer les projets industriels européens en matière de défense, critiquant l'échec du projet d'avion de combat SCAF, un partenariat franco-allemand.
La Force multinationale pour l'Ukraine, une coalition de soldats volontaires, devrait commencer des exercices à l'automne 2026 pour démontrer sa crédibilité. Ces manœuvres visent à préparer un éventuel déploiement sur le terrain une fois les combats terminés. Le général Michael Claesson, commandant suprême des forces armées suédoises, a précisé que cette réunion avait pour but de montrer la constance de l'engagement des pays participants. Par ailleurs, la coalition cherche à augmenter la pression sur la Russie, notamment en ciblant sa flotte fantôme de pétroliers, qui finance une partie de l'effort de guerre russe.
L'Union européenne a annoncé un soutien de 120 millions d'euros à la Moldavie pour renforcer ses capacités de défense aérienne. Ce pays, voisin de l'Ukraine, est menacé par des violations répétées de son espace aérien, avec des drones s'écrasant sur son territoire. Depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, la Moldavie a subi des dizaines de violations de son espace aérien. La Roumanie, également concernée par ces incidents, a été frappée par la chute de drones sur son sol. Ce soutien s'inscrit dans une volonté plus large de l'UE de sécuriser ses frontières orientales face aux tensions régionales.
Sur le terrain, l'armée ukrainienne mène des frappes quasi quotidiennes contre les raffineries et dépôts de pétrole russes, perturbant les approvisionnements et provoquant des pénuries de carburant en Russie. Ces attaques, ainsi que des opérations en Crimée, ont désorganisé les forces russes, qui piétinent dans le Donbass (est de l'Ukraine) et subissent des pertes estimées à plus de 1 000 hommes par jour selon les évaluations occidentales. Par ailleurs, le président américain Donald Trump, initialement plus proche de Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, montre désormais un soutien accru à l'Ukraine, ce qui pourrait modifier l'équilibre géopolitique du conflit.

