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Géopolitique

Élever ses enfants à l’étranger, c’est forcément faire différemment

Courrier International · mis à jour il y a 11 j

Deux médias américains, “Business Insider” et “BuzzFeed”, publient des témoignages de parents expatriés confrontés aux différences culturelles et à des adaptations nécessaires. Tour d’horizon..

Expérience d'une famille

Cara West, une Américaine, a déménagé en 2024 de Houston (États-Unis) vers l'île de Syros en Grèce avec son mari et sa fille alors âgée de 2 ans. Elle décrit les avantages et inconvénients de cette expatriation. Parmi les points positifs, elle souligne la création d'une communauté composée d'autres familles d'expatriés et de locaux, facilitant l'intégration. La famille a choisi une école privée locale pour que leur enfant apprenne le grec. Le coût de la vie plus faible permet aussi de travailler moins. Cependant, l'éloignement des proches restés aux États-Unis est un défi, partiellement compensé par des appels vidéo. Le couple apprécie aussi la proximité avec d'autres destinations touristiques comme Venise, Lisbonne ou Paris.

Différences éducatives notables

Un article de BuzzFeed compile 23 témoignages de parents américains expatriés qui décrivent des pratiques éducatives différentes selon les pays. En Suisse ou en Norvège, les enfants bénéficient de plus d'autonomie, tandis qu'au Japon, il n'y a pas d'éducation spécifique au sommeil. En France, les enfants mangent les mêmes plats que les adultes, contrairement aux États-Unis où les menus enfants sont souvent des plats adaptés comme des nuggets. Ces différences sont perçues comme moins anxiogènes que le modèle américain, jugé plus surprotecteur. Par exemple, en Pologne, les enfants sont souvent habillés chaudement même par temps doux, alors qu'en Norvège, il est courant de faire dormir les bébés dehors.

Congés parentaux avantageux

Les parents expatriés soulignent les avantages des congés parentaux dans certains pays. En Suède ou au Canada, ces congés sont longs (jusqu'à deux ans en Suède) et presque entièrement rémunérés. Par exemple, au Canada, la durée varie souvent entre douze et dix-huit mois. Ces politiques contrastent avec celles des États-Unis, où les congés parentaux sont généralement courts et peu rémunérés, voire inexistants pour certains parents. Ces différences illustrent une approche plus protectrice et équilibrée de la parentalité dans ces pays, favorisant le bien-être des familles.

Liberté et autonomie des enfants

Des parents expatriés en Islande et en Suisse mettent en avant la liberté dont jouissent les enfants dans ces pays. Contrairement aux États-Unis, où les enfants sont souvent accompagnés ou surveillés en permanence, en Islande ou en Suisse, les enfants peuvent se rendre seuls à l'école ou chez des amis sans que les parents ne sachent toujours où ils se trouvent. Une expatriée américaine en Islande décrit cette autonomie comme une redécouverte de son enfance dans les années 1980 et 1990. Cette liberté est perçue comme bénéfique pour le développement de l'autonomie et de la confiance en soi des enfants.

Ce que ça pourrait changer

Les témoignages des parents expatriés américains révèlent une critique du modèle éducatif et social de leur pays d'origine. Ils pointent notamment la surprotection des enfants, illustrée par des mesures de sécurité strictes dans les écoles, comme les fusillades répétées. Les pratiques éducatives dans d'autres pays, comme l'absence de menus enfants spécifiques ou la liberté de mouvement, sont perçues comme plus saines et moins anxiogènes. Par exemple, une Américaine en Albanie note que les restaurants proposent simplement des portions réduites des plats pour adultes, sans adaptation spécifique pour les enfants, contrairement aux États-Unis où les menus enfants sont souvent standardisés.

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