Washington vole au secours de X face à son amende européenne
Elon Musk peut compter sur l’administration Trump, dont il est très proche, pour des coups de main. Le dernier en date concerne l’épineux dossier de l’amende de 120 millions d’euros infligée à X qui a enfreint le règlement sur les services numériques.
En décembre 2025, la Commission européenne a infligé une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social dirigé par Elon Musk, pour non-respect des obligations de transparence prévues par le règlement sur les services numériques (DSA). Ce texte, entré en vigueur en 2024, impose aux plateformes numériques comme X des règles strictes pour protéger les utilisateurs et limiter la désinformation. La Commission a estimé que X n’avait pas fourni suffisamment d’informations sur ses algorithmes ou ses contenus modérés. X a ensuite proposé un plan pour se conformer au DSA, validé par Bruxelles en juillet 2026. Malgré cela, l’entreprise conteste l’amende et a déposé un recours devant le Tribunal de l’Union européenne le 16 février 2026 pour tenter de l’annuler.
Les États-Unis ont décidé de soutenir X dans son combat juridique contre l’amende européenne. Le ministère américain de la Justice, dirigé par Brett Shumate, a demandé au Tribunal de l’Union européenne d’autoriser l’administration Trump à intervenir dans la procédure. Cette demande, déposée fin septembre 2026, vise à contester la légitimité de la décision européenne. Les États-Unis estiment que la Commission européenne a dépassé ses pouvoirs en s’attaquant à une entreprise américaine qui n’est pas active sur le territoire européen. Selon Brett Shumate, cette amende représenterait une tentative de contrôler des acteurs clés de l’innovation américaine, ce que Washington refuse.
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne sur la régulation des géants du numérique. Dès l’annonce de l’amende en décembre 2025, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait critiqué la décision, la qualifiant d’attaque contre les plateformes technologiques américaines et de tentative de censure des Américains. Washington a riposté en menaçant d’imposer des droits de douane sur les produits européens et en interdisant l’entrée aux États-Unis à cinq Européens, dont l’ancien commissaire européen Thierry Breton. En février 2026, les diplomates américains ont reçu l’ordre de s’opposer à toute réglementation jugée trop contraignante, comme les obligations de localisation des données imposées par le RGPD (règlement général sur la protection des données).
Si le Tribunal de l’Union européenne accepte la demande américaine, les États-Unis deviendront *partie intervenante* dans le procès. Cela leur permettra de consulter les documents du dossier, de déposer des arguments écrits et, éventuellement, de participer aux audiences. L’issue de cette procédure reste incertaine, mais elle pourrait avoir des répercussions majeures sur les relations entre les deux blocs. Une victoire de X ou des États-Unis pourrait affaiblir la capacité de l’Union européenne à réguler les entreprises numériques, tandis qu’un rejet de leur demande renforcerait la position de Bruxelles. La décision du Tribunal est attendue dans les prochains mois.

