En Chine, la tendance des “êtres humains à l’ancienne” : “25 ans d’âge
Rompant avec la course effrénée au paraître et au bling-bling, de jeunes Chinois renouent avec un mode de vie proche de celui de leurs grands-parents. Ils se baptisent eux-mêmes “êtres humains à l’ancienne”, explique le “South China Morning Post”.
En Chine, une partie des jeunes générations, notamment ceux de la Génération Z, expriment un rejet des modes de vie urbains et modernes jugés trop rapides et énergivores. Ce mouvement, apparu vers la fin de l’année 2025, valorise un retour à des pratiques plus simples et traditionnelles, qualifiées d’êtres humains à l’ancienne. Ces jeunes recherchent des activités comme les sorties au marché avec leurs grands-parents ou les repas dans des gargotes de quartier (petits restaurants locaux) en compagnie de leurs parents. L’objectif est de privilégier des moments de partage intergénérationnel, loin de l’agitation des tendances éphémères. Ce phénomène s’inscrit dans une quête de bien-être et de ralentissement, en réaction à une société chinoise longtemps marquée par la course aux innovations et à la consommation ostentatoire.
Les jeunes Chinois, souvent âgés de 25 ans, expriment une lassitude face à une société où la consommation était perçue comme un loisir et un marqueur social. Cette critique vise notamment les soirées (sorties nocturnes dans des lieux branchés), la haute gastronomie (restaurants luxueux) et l’usage intensif du smartphone (téléphones intelligents) comme outil central de socialisation. Le terme être humain à l’ancienne symbolise cette opposition : il s’agit de rejeter les modes de vie superficiels au profit de valeurs plus authentiques. Par exemple, la street food (nourriture de rue) est préférée aux restaurants chics, et les vêtements confortables remplacent les tenues à la mode. Ce rejet s’étend aussi aux boissons tendance comme le bubble tea (thé aux perles), remplacé par des infusions traditionnelles comme celles aux baies de goji (fruit utilisé en médecine chinoise).
Les adeptes de ce mouvement modifient leurs routines pour adopter un mode de vie plus apaisé. Le week-end, ils évitent les sites touristiques (lieux très fréquentés par les visiteurs) pour se rendre dans des parcs ou participer à des groupes de danse de place (activités collectives de danse en plein air, souvent pratiquées par des personnes âgées). Ces changements reflètent une volonté de se reconnecter à des activités simples et collectives, loin de l’individualisme et de la performance. Par exemple, les jeunes Chinois privilégient désormais les repas familiaux dans des gargotes de quartier plutôt que les dîners dans des établissements haut de gamme. Ce retour aux traditions s’accompagne aussi d’un rejet des réseaux sociaux comme espace de compétition sociale, au profit de moments de partage en face-à-face.
Le mouvement des *êtres humains à l’ancienne* a émergé sur les réseaux sociaux chinois à la fin de l’année 2025. Des internautes ont commencé à partager des publications mettant en avant des activités comme les courses au marché avec leurs grands-parents ou des repas en famille dans des lieux modestes. Ces contenus, souvent accompagnés de hashtags comme #ÊtreHumainÀLAncienne, ont rapidement suscité l’intérêt d’autres utilisateurs. L’appellation elle-même, *êtres humains à l’ancienne*, est devenue un symbole de cette tendance, opposée à la course aux dernières innovations. Ce phénomène illustre l’influence des réseaux sociaux dans la diffusion des modes de vie alternatifs, même dans une société aussi connectée que la Chine contemporaine.

