José Manuel Martínez, gynécologue à l'hôpital de Bellvitge : « Si une femme ménopausée suivant un traitement hormonal doit l'interrompre
En Espagne, le traitement hormonal de la ménopause manque en pharmacie depuis mars. Les bouffées de chaleur et les troubles du sommeil reviennent chez des patientes stabilisées, et la disponibilité dicte désormais les ordonnances..
Depuis mars 2024, l'Espagne fait face à une pénurie de traitements hormonaux destinés aux femmes ménopausées. Ces médicaments, souvent prescrits sous forme de comprimés, de gels ou de patchs, permettent de compenser la baisse naturelle des hormones comme les œstrogènes et la progestérone après la ménopause. Cette situation crée des difficultés d'approvisionnement dans les pharmacies espagnoles, obligeant les professionnels de santé à adapter leurs prescriptions en fonction des stocks disponibles plutôt que des besoins spécifiques des patientes. Les causes exactes de cette rupture d'approvisionnement ne sont pas détaillées dans l'article, mais elle impacte directement la continuité des soins pour des milliers de femmes.
Le gynécologue José Manuel Martínez, exerçant à l'hôpital de Bellvitge en Espagne, explique que l'arrêt ou l'interruption d'un traitement hormonal substitutif (THS) peut entraîner le retour de symptômes précédemment maîtrisés. Parmi ces symptômes figurent les bouffées de chaleur, des sensations soudaines de chaleur intense souvent accompagnées de transpiration, ainsi que des troubles du sommeil. Ces manifestations sont liées à la diminution des hormones dans le corps. Lorsque le traitement est interrompu, le corps ne reçoit plus les hormones de substitution, ce qui peut provoquer une réapparition de ces symptômes en quelques jours ou semaines. Le médecin souligne que cette situation affecte particulièrement les femmes dont les symptômes étaient stabilisés grâce au THS.
Face à la pénurie, les médecins espagnols doivent désormais adapter leurs ordonnances en fonction des médicaments disponibles en pharmacie plutôt que des besoins médicaux des patientes. Cette situation crée une dépendance aux stocks plutôt qu'aux protocoles thérapeutiques établis. Les patientes stabilisées sous un traitement hormonal peuvent se voir prescrire un autre médicament, voire interrompre leur traitement si le produit habituel n'est plus accessible. Cette adaptation forcée peut entraîner une instabilité des symptômes et une détérioration de la qualité de vie des femmes concernées. Le système de santé espagnol est ainsi contraint de gérer une crise d'approvisionnement qui dépasse le cadre individuel des patientes.
Les femmes ménopausées sous traitement hormonal en Espagne subissent directement les conséquences de cette pénurie. Avant la rupture d'approvisionnement, ces patientes bénéficiaient d'un soulagement de leurs symptômes grâce au THS, ce qui améliorait leur bien-être quotidien. Avec l'interruption ou le changement de traitement, elles doivent faire face à nouveau aux bouffées de chaleur, aux troubles du sommeil et parfois à d'autres symptômes comme la sécheresse vaginale ou les sautes d'humeur. José Manuel Martínez, gynécologue à l'hôpital de Bellvitge, précise que ces symptômes peuvent réapparaître rapidement, parfois en moins de 48 heures après l'arrêt du traitement. Cette situation génère une anxiété et une incertitude quant à la continuité des soins.

