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Culture

La crise des carburants est-elle inéluctable ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 3 j

A quoi ressemblera le budget 2027 ? C'est aujourd'hui que Sebastien Lecornu doit présenter les grandes lignes de son projet de loi de finances. Avec un casse-tête supplémentaire : la flambée des prix du carburant..

Budget 2027 en crise

Le gouvernement français doit présenter aujourd'hui les grandes lignes du budget 2027, un exercice rendu particulièrement complexe par deux défis majeurs. D'abord, le déficit public, c'est-à-dire la différence entre les dépenses et les recettes de l'État, reste élevé, ce qui limite la marge de manœuvre financière. Ensuite, la croissance économique atone, autrement dit une activité économique faible, réduit les recettes fiscales. Pour équilibrer ce budget déjà fragilisé, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit trouver 30 milliards d’euros d’économies. Ce montant correspond à des réductions de dépenses ou à des augmentations de recettes, mais son annonce intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois de l’élection présidentielle 2027. Le gouvernement doit également faire face à une mobilisation sociale croissante contre la hausse des prix des carburants, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur les décisions budgétaires.

Crise des carburants mondiale

La France n’est pas le seul pays confronté à une hausse des prix des carburants, une crise qui s’étend à l’échelle mondiale. En Europe, plusieurs pays font face au même dilemme : faut-il répercuter la hausse des coûts sur les consommateurs, ce qui risquerait d’aggraver l’inflation (hausse générale des prix) et de fragiliser les ménages déjà touchés par la crise économique ? Ou bien faut-il maintenir des subventions (aides financières de l’État pour limiter les prix) pour protéger le pouvoir d’achat, au risque d’alourdir la dette publique et de menacer la stabilité de la monnaie (l’euro dans ce cas) ? Cette question divise les gouvernements, car chaque choix a des conséquences sociales, économiques et politiques. En France, des actions de protestation, comme le blocage de dépôts pétroliers par des pêcheurs, illustrent la colère sociale face à cette situation.

Mesures gouvernementales

Face à la pression sociale, Sébastien Lecornu a annoncé hier une prolongation des aides ciblées jusqu’au 31 décembre 2026. Ces aides visent à atténuer l’impact de la hausse des prix des carburants pour les ménages et les professionnels les plus touchés. Cependant, leur efficacité reste incertaine, car elles ne résolvent pas les causes profondes de la crise, comme la dépendance aux énergies fossiles ou les tensions géopolitiques affectant les approvisionnements. Le gouvernement doit donc trouver un équilibre entre des mesures d’urgence pour calmer la colère sociale et des réformes structurelles à plus long terme, sans aggraver la situation économique ou creuser davantage le déficit public.

Contexte politique tendu

Le gouvernement français évolue dans un contexte politique particulièrement complexe. D’une part, il ne dispose pas d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale (il n’a pas assez de députés pour faire adopter ses lois sans compromis), ce qui rend l’adoption de mesures impopulaires encore plus difficile. D’autre part, la campagne pour l’élection présidentielle 2027 bat son plein, et chaque décision budgétaire est scrutée à la loupe par l’opposition et les citoyens. Dans ce cadre, Sébastien Lecornu doit présenter aujourd’hui des arbitrages (choix entre différentes options) qui seront ensuite soumis à débat et à vote. L’enjeu est de taille : éviter une crise sociale tout en maintenant la crédibilité économique de la France.

Ce que ça pourrait changer

Pour éclairer cette situation, **Patrice Geoffron**, professeur d’économie à l’*université Paris Dauphine* et directeur du *Centre de Géopolitique de l’Énergie et des Matières Premières* (CGEMP), a été invité à commenter les choix du gouvernement. Son analyse porte sur les conséquences des décisions budgétaires et énergétiques. D’un côté, des économies brutales pourraient étouffer la croissance et fragiliser les plus vulnérables. De l’autre, des dépenses accrues pour soutenir le pouvoir d’achat ou les entreprises pourraient creuser la dette et menacer la stabilité financière. Son intervention vise à éclairer les trade-offs (compromis) auxquels le gouvernement est confronté, dans un contexte où les marges de manœuvre sont étroites.

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