Le marché des PC dégringole de 20 % au troisième trimestre sur un an
IDC et Omdia (anciennement Canalys) ont publié leurs chiffres préliminaires pour les ventes d’ordinateurs pour le troisième trimestre. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas bons, avec un recul très net sur un an.
Le marché mondial des ordinateurs personnels (PC) a connu une baisse spectaculaire de 20 % au troisième trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. Cette diminution est confirmée par deux cabinets d'analyse indépendants, IDC et Omdia, qui publient des chiffres préliminaires très proches. IDC enregistre un recul de 20,1 %, soit 62,7 millions d'unités vendues, tandis qu'Omdia estime une baisse de 21,2 %. Il s'agit du deuxième trimestre consécutif de déclin, après une baisse de 3,8 % au deuxième trimestre 2026. Normalement, le troisième trimestre est plus dynamique grâce aux préparatifs des fêtes de fin d'année, mais cette année, la tendance s'inverse brutalement. Les constructeurs comme Lenovo, HP et Dell sont les plus touchés, perdant ensemble 4,2 points de part de marché.
La chute des ventes s'explique principalement par une hausse des coûts des composants, notamment la mémoire vive (RAM). Les fabricants ont massivement stocké des pièces avant une augmentation prévisible des prix, notamment pour la DRAM (mémoire dynamique à accès aléatoire), utilisée dans les PC. Cependant, la demande s'est orientée vers la HBM (mémoire à bande passante élevée), plus performante et plus chère, utilisée massivement par les centres de données pour l'intelligence artificielle. Résultat, la part de la mémoire dans le coût moyen d'un PC est passée de 15 % à près de 40 %. Les constructeurs n'ont pas pu répercuter entièrement ces hausses sur les prix, ce qui a pesé sur les ventes. IDC et Omdia soulignent que cette situation pourrait persister, avec des prix de la mémoire restant élevés et une offre limitée.
Tous les grands constructeurs de PC sont affectés, mais certains résistent mieux que d'autres. Lenovo, HP et Dell, qui dominaient le marché avec 11,6 millions d'unités perdues, voient leurs parts de marché diminuer fortement. En revanche, Apple et ASUS limitent mieux la casse. Apple, en particulier, gagne des parts de marché, passant de 10,4 % à 11,7 % sur un an. Cette performance s'explique par son positionnement premium et le succès de modèles comme le MacBook Neo, dont le prix élevé a paradoxalement boosté les ventes. ASUS, bien que moins expliquée, maintient également sa position. Malgré ces différences, l'ordre des leaders reste inchangé : Lenovo conserve la première place avec 25,7 % de parts de marché, suivi par HP (17,8 %) et Dell (13,1 %).
Les analystes d'IDC et Omdia peignent un tableau peu encourageant pour les mois à venir. IDC prévoit une baisse supplémentaire de 20 % au quatrième trimestre 2026, habituellement plus dynamique grâce aux fêtes de fin d'année. La détérioration des conditions macroéconomiques, comme un affaiblissement de l'économie mondiale, pourrait aggraver la situation. Les prix des PC pourraient légèrement baisser grâce à des promotions, mais la demande resterait faible. Omdia estime que le déclin actuel pourrait n'être que le début d'un nouveau cycle baissier, avec des pressions persistantes sur les coûts des composants. La pénurie de mémoire pourrait durer jusqu'à fin 2027, selon les projections d'IDC. Les autres cabinets d'analyse, comme Gartner et Counterpoint, n'ont pas encore publié leurs chiffres, mais leurs prévisions devraient aller dans le même sens.
Cette crise du marché des PC s'inscrit dans un contexte plus large de tensions sur les chaînes d'approvisionnement et de réorientation des ressources vers des secteurs porteurs comme l'intelligence artificielle. Les centres de données, gourmands en mémoire *HBM*, captent une grande partie des ressources, laissant moins de place pour les composants traditionnels des PC. Les constructeurs tentent de s'adapter en ajustant leurs stocks et leurs prix, mais la situation reste fragile. IDC avait déjà anticipé une baisse de 11,3 % pour l'année 2026, avec une hausse de 1,6 % en valeur grâce aux prix élevés. Les projections initiales prévoyaient une chute de 20 % au quatrième trimestre, mais celle-ci arrive un trimestre plus tôt que prévu. Les acteurs du marché devront probablement revoir leurs stratégies pour faire face à cette nouvelle réalité.

