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Géopolitique

Élections en Israël : comment la gauche cherche à renaître de ses cendres

Courrier International · mis à jour il y a 1 j

À deux semaines des élections législatives du 27 octobre, la gauche israélienne tente de retrouver une place dans le paysage politique. Réunis au sein du parti Les Démocrates, les héritiers du Parti travailliste et du Meretz misent sur la jeunesse pour reconquérir leur électorat.

Contexte électoral

En Israël, des élections législatives sont prévues le 27 octobre 2026. À deux semaines du scrutin, la gauche israélienne tente de retrouver une place significative dans le paysage politique, après des années de déclin. Pour y parvenir, elle s'est unie en 2024 sous la bannière du parti Les Démocrates, qui regroupe les héritiers du Parti travailliste et du Meretz. Ce dernier, un parti de gauche sioniste et libérale, avait autrefois marqué l'histoire politique israélienne en remportant 12 sièges à la Knesset en 1992, grâce notamment à l'engouement des jeunes électeurs. Aujourd'hui, le parti Les Démocrates mise sur cette même jeunesse pour relancer son influence, mais les sondages restent pessimistes : selon une moyenne des derniers sondages israéliens, il n'obtiendrait que 9 sièges à la Knesset, un résultat bien inférieur à ses ambitions.

Profil de Yaïr Golan

Yaïr Golan, ancien vice-chef d'état-major de l'armée israélienne, est aujourd'hui le chef du parti Les Démocrates. Son parcours militaire, marqué par son grade élevé, contraste avec son engagement politique actuel dans un parti de gauche, traditionnellement moins soutenu par les milieux militaires. Golan incarne une tentative de modernisation et de renouvellement pour la gauche israélienne, en misant sur une image de leader expérimenté mais ouvert aux nouvelles générations. Cependant, malgré son charisme et ses efforts de mobilisation, les sondages indiquent que sa formation peine à convertir l'enthousiasme des militants en succès électoral concret. Les observateurs soulignent que son parti, bien que dynamique sur le terrain, reste minoritaire dans un paysage politique dominé par la droite et l'extrême droite.

Historique des partis

Le Parti travailliste et le Meretz sont deux formations historiques de la gauche israélienne. Le Parti travailliste, autrefois dominant, a connu son apogée en 1992 sous la direction de Yitzhak Rabin, alors Premier ministre, avec 44 sièges à la Knesset. Le Meretz, créé dans les années 1990, s'est distingué par son positionnement sioniste et libéral, attirant des électeurs progressistes. Cependant, le Meretz a disparu du Parlement en 2024, avant de fusionner avec le Parti travailliste pour former Les Démocrates. Cette union vise à regrouper les forces de la gauche, mais elle intervient dans un contexte où l'électorat traditionnel de ces partis s'est érodé, notamment en raison de la montée en puissance des partis nationalistes et religieux.

Enjeux et défis

La gauche israélienne fait face à plusieurs défis majeurs pour retrouver une place centrale dans la vie politique. D'abord, elle doit convaincre une jeunesse de plus en plus indécise ou désillusionnée par la politique traditionnelle, alors que les partis de droite et d'extrême droite dominent le débat public. Ensuite, elle doit surmonter l'image d'un establishment en déclin, marqué par des divisions internes et une perte d'influence depuis les années 1990. Enfin, le contexte géopolitique, marqué par des tensions persistantes avec les Palestiniens et une polarisation accrue de la société israélienne, complique sa tâche. Malgré des tentatives de renouvellement, comme l'intégration de jeunes militants ou l'adoption de positions plus progressistes, les sondages suggèrent que Les Démocrates peinent à incarner une alternative crédible face à une droite unie et déterminée.

Ce que ça pourrait changer

Selon une moyenne des derniers sondages israéliens (chaînes 11, 12 et 13), le parti *Les Démocrates* obtiendrait 9 sièges à la Knesset, un score modeste qui illustre les difficultés de la gauche à retrouver son poids d'antan. Ce résultat est d'autant plus décevant que le parti mise sur une mobilisation militante et une jeunesse engagée pour inverser la tendance. Historiquement, la gauche israélienne a connu des périodes de succès, comme en 1992, où le *Meretz* et le *Parti travailliste* avaient totalisé 56 sièges. Cependant, depuis les années 2000, son influence n'a cessé de diminuer, notamment en raison de l'ascension des partis nationalistes et de la fragmentation de l'électorat. Les observateurs estiment que, sans un changement de stratégie ou un événement politique majeur, la gauche israélienne pourrait continuer à perdre du terrain dans les années à venir.

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