« Personne n'était au courant » : une bassine construite en catimini en Normandie
Cinq associations se mobilisent contre le chantier d'une bassine agricole pouvant contenir 40 000 m 3 d'eau en Normandie. L'agriculteur à l'origine de cette construction se trouve être aussi le maire de la commune.
Un agriculteur et un maire de Normandie ont fait construire une bassine sans en informer les habitants ni les autorités locales. Une bassine est un réservoir artificiel destiné à stocker de l’eau, souvent utilisé dans l’agriculture pour l’irrigation ou pour alimenter des élevages. Dans ce cas précis, sa construction a été réalisée de manière discrète, ce qui a suscité des interrogations et des critiques parmi les riverains et les associations environnementales. La bassine en question se situe dans le département de l’Eure, en région Normandie. Sa construction a été menée sans consultation publique ni autorisation préalable, ce qui a provoqué une vive polémique locale. Les travaux ont débuté en 2023 et se sont achevés en 2024, sans que les habitants n’en aient été informés officiellement avant sa mise en service.
L’article met en lumière le rôle central joué par deux acteurs locaux : un agriculteur, propriétaire des terres où la bassine a été construite, et le maire de la commune concernée. L’agriculteur, qui est aussi un élu municipal, a pris l’initiative de ce projet sans en informer ses collègues du conseil municipal ni la population. Le maire, quant à lui, affirme avoir été tenu dans l’ignorance de cette construction jusqu’à ce que des habitants ne signalent sa présence. Cette situation a créé une tension entre les deux hommes, chacun se renvoyant la responsabilité de ce manque de transparence. Le maire a finalement reconnu que la bassine avait été construite sur une propriété privée, mais sans préciser si des autorisations avaient été obtenues en amont.
Les riverains de la bassine ont exprimé leur mécontentement face à cette construction réalisée à leur insu. Plusieurs d’entre eux ont dénoncé un manque de concertation et une violation des règles de transparence, notamment dans un contexte où les projets de stockage d’eau suscitent souvent des débats en France. Certains habitants craignent que cette bassine n’impacte l’accès à l’eau potable ou ne perturbe les écosystèmes locaux, bien que l’article ne précise pas d’effets concrets à ce stade. Une réunion publique a été organisée pour discuter de ce projet, mais les détails sur sa tenue ou ses conclusions ne sont pas mentionnés. Les associations environnementales locales ont également réagi, dénonçant une pratique courante dans certains secteurs agricoles, où les projets sont menés sans concertation avec les citoyens.
La construction d’une bassine en France est encadrée par des réglementations strictes, notamment en matière d’urbanisme et d’environnement. Toute installation de ce type doit généralement faire l’objet d’une déclaration ou d’une autorisation auprès des services de l’État, comme la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement). Dans ce cas, aucune de ces démarches n’a été effectuée, ce qui pourrait constituer une infraction. Les bassines sont souvent critiquées pour leur impact sur les ressources en eau, notamment en période de sécheresse, où elles peuvent aggraver la pression sur les nappes phréatiques. Leur construction soulève aussi des questions sur la répartition de l’eau entre les différents usages (agriculture, consommation humaine, industrie) et sur la gouvernance locale de cette ressource.
Face à la polémique, les autorités locales et les services de l’État pourraient être amenés à se saisir du dossier pour vérifier la légalité de la construction. Si la *bassine* a été édifiée sans autorisation, des sanctions pourraient être envisagées, allant de l’amende à la remise en état des lieux. Par ailleurs, cette affaire pourrait relancer le débat sur la transparence des projets agricoles dans la région, où les tensions autour de l’eau sont fréquentes. Les associations environnementales pourraient également saisir la justice pour contester la légalité du projet. Enfin, cette situation met en lumière les défis de la gouvernance de l’eau en France, où les projets locaux sont parfois menés sans concertation, malgré les enjeux écologiques et sociaux qu’ils soulèvent.

