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Géopolitique

La thérapie de couple n’est pas réservée qu’à ceux qui vont mal

Courrier International · mis à jour il y a 28 j

Pourquoi faudrait-il attendre les pires disputes ou l’imminence de la rupture pour se tourner vers la thérapie de couple ? “The Sydney Morning Herald” est allé à la rencontre d’Australiens et d’Australiennes qui se tournent vers les conseils de coachs ou de thérapeutes pour toutes sortes de sujets, de la religion à la parentalité en passant par le polyamour..

Thérapie préventive

La thérapie de couple n’est pas uniquement destinée aux relations en crise, mais peut aussi servir de prévention pour entretenir une relation saine. Selon Mim Kempson, coach et éducatrice, elle permet d’aborder dès le début des sujets clés comme la communication, les attentes ou les différences culturelles. En Australie, une étude de 2011 révélait qu’un couple sur trois avait suivi un conseil prémarital, une forme traditionnelle de thérapie préventive. Cette approche est particulièrement répandue chez les couples religieux, comme Valérie Donat et Anesu Gands, qui ont participé à sept séances avant leur mariage sous la guidance d’un pasteur. L’objectif est de clarifier les attentes mutuelles et d’éviter les malentendus futurs, plutôt que de résoudre des conflits déjà installés.

Différences et communication

Alice, 34 ans, travailleuse sociale, et son fiancé, issu d’un milieu très différent (magistrat et enseignante pour elle, commerçant et employée de cantine pour lui), ont choisi la thérapie pour mieux comprendre leurs divergences émotionnelles et de communication. Leur thérapeute les aide à explorer leurs histoires familiales et leurs modes de fonctionnement. Alice souligne l’importance de comprendre la perspective de l’autre pour grandir ensemble. Karen Phillip, psychothérapeute spécialisée, note que ces discussions révèlent souvent des attentes inattendues, notamment sur l’égalité des sexes ou la répartition des tâches domestiques. Par exemple, 20 % des couples accompagnés par Phillip ont finalement décidé de ne pas se marier après avoir pris conscience de leurs incompatibilités.

Égalité et engagement

Karen Phillip explique que le conseil prémarital permet aux partenaires de définir concrètement ce que signifie un engagement à long terme. Les séances abordent des sujets comme la division du travail domestique, la prise en charge des enfants ou la gestion des congés parentaux. Par exemple, les couples discutent de qui déposera les enfants à l’école ou s’ils feront appel à une nounou après la naissance d’un bébé. Phillip souligne que ces sujets sont souvent négligés par les futurs parents, trop concentrés sur l’arrivée de l’enfant. Ces échanges aident à éviter des tensions futures liées à des attentes non alignées.

Accès financier limité

En 2014, un essai australien a offert aux couples un bon de 200 dollars australiens (environ 122 €) pour financer des séances de thérapie, mais le programme n’a duré que neuf mois. Aujourd’hui, Karen Phillip regrette l’absence de dispositifs similaires, surtout dans un contexte économique difficile où les couples priorisent d’autres dépenses. Julie Sweet, psychothérapeute de 48 ans, partage cette préoccupation : elle-même thérapeute, elle continue les séances avec son compagnon après des problèmes de fertilité, malgré le coût. Elle souligne que l’aide financière permettrait à davantage de couples d’accéder à un accompagnement préventif, évitant ainsi des crises évitables.

Alternatives et exploration

Abbey, 35 ans, et son mari Liam pratiquent une non-monogamie consensuelle depuis dix ans. Bien qu’ils n’aient pas suivi de thérapie prémarital, ils ont participé à des groupes de discussion et des ateliers sur ce sujet pour mieux comprendre leurs choix relationnels. Abbey a fondé The Evolving Love Project, un podcast explorant les dynamiques des relations non monogames et polyamoureuses. Elle explique que les témoignages de couples expérimentés et de thérapeutes spécialisés les ont aidés à structurer leur relation. Cette approche montre que la thérapie, sous d’autres formes, peut aussi servir à explorer des modèles relationnels alternatifs.

Ce que ça pourrait changer

Mim Kempson, coach et éducatrice, insiste sur l’importance de la prévention en matière de relations de couple. Elle recommande de suivre une thérapie non seulement en cas de crise, mais aussi pour entretenir une relation saine, comme on le ferait pour un véhicule ou une habitation. Que ce soit pour clarifier des attentes, explorer de nouvelles dynamiques ou simplement renforcer la communication, la thérapie prémarital ou préventive est présentée comme un outil accessible à tous les couples, à toutes les étapes de leur relation. Les exemples cités dans l’article, qu’ils soient religieux, laïcs ou alternatifs, illustrent cette diversité d’approches.

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