Edonia lève 15 millions d’euros pour industrialiser son alternative à la viande à base de microalgues
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La startup française Edonia a annoncé une levée de fonds de 15 millions d’euros pour industrialiser son alternative à la viande à base de microalgues, nommée Edo. Ce financement est mené par trois acteurs principaux : le fonds d’investissement français Swen Blue Ocean 2, l’organisme de l’Union Européenne EIT Food, et le fonds de capital-risque Asterion Ventures, déjà présent au capital d’Edonia. Des fonds non dilutifs, comme un soutien de Bpifrance et un financement bancaire, complètent cette levée. Ces fonds permettront à Edonia de passer à une phase d’industrialisation à grande échelle, après avoir validé sa technologie en laboratoire. La startup vise ainsi à produire Edo en volumes importants pour le marché agroalimentaire.
Edonia s’appuie sur la spiruline, une microalgue riche en protéines, pour créer son ingrédient Edo. La spiruline est une algue microscopique connue depuis des siècles pour ses propriétés nutritionnelles, notamment sa teneur élevée en protéines et en acides aminés essentiels. Pourtant, elle reste peu utilisée dans l’alimentation quotidienne. Edonia transforme cette spiruline en un ingrédient protéiné capable de rivaliser avec la viande, non seulement sur le plan nutritionnel, mais aussi en termes de coût et de goût. Edo peut être intégré dans divers produits alimentaires comme des pains ou des plats préparés, répondant ainsi aux besoins des industriels et de la restauration collective.
Edonia affirme avoir déjà prouvé que son ingrédient Edo peut concurrencer la viande sur plusieurs critères, grâce à des tests réalisés en conditions réelles avec de vrais clients. La startup a signé une vingtaine de contrats avec des leaders de l’industrie agroalimentaire, représentant un total de 30 millions d’euros de précommandes. Parmi ses partenaires figurent des acteurs majeurs comme Newrest, géant de la restauration collective, et Aliive, spécialiste de la minceur. Ces contrats confirment l’intérêt du marché pour une alternative végétale innovante et durable, basée sur des microalgues.
En 2024, Edonia avait déjà levé 2 millions d’euros pour financer une première phase d’industrialisation, ce qui lui a permis d’installer un pilote industriel à Agen (Lot-et-Garonne). Elle a également structuré sa chaîne d’approvisionnement et lancé ses premières productions. Avec la nouvelle levée de 15 millions d’euros, Edonia prévoit d’ouvrir d’ici un an un site de production à pleine échelle. Ce site sera situé dans une usine existante de Maison Chancerelle, une entreprise bretonne spécialisée dans les produits de la mer en conserve. Ce projet vise à augmenter significativement les volumes de production et à développer les ventes auprès des industriels et des acteurs de la restauration collective.
Edonia cible principalement le marché européen pour commercialiser son ingrédient Edo, mais elle envisage également d’étendre son modèle de vente B2B (business to business) vers d’autres régions. Les États-Unis et le Japon figurent parmi les marchés prioritaires pour cette expansion. La startup mise sur un modèle de vente aux industriels et aux acteurs de la restauration collective, plutôt que sur une commercialisation directe auprès des consommateurs. Cette stratégie lui permet de toucher un large public tout en bénéficiant d’un effet d’échelle pour réduire les coûts de production.

