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Généraliste

Tollé après les propos « racistes » d’un ex-dirigeant espagnol sur l’équipe de France

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 25 j

Mariano Rajoy a évoqué une équipe de France de soccer de très haut niveau, mais « sans Français »..

Propos polémiques Rajoy

L’ancien premier ministre espagnol conservateur Mariano Rajoy a suscité une vive polémique en France le 9 décembre 2022, deux jours avant la demi-finale de la Coupe du monde opposant l’équipe de France à l’Espagne. Dans une tribune publiée par le média El Debate, il a qualifié l’équipe de France de « très haut niveau, mais sans Français ». Ces propos ont été interprétés comme une attaque xénophobe, suggérant que les joueurs de l’équipe nationale française ne seraient pas considérés comme français en raison de leurs origines ou de leur lieu de naissance. Mariano Rajoy, qui a dirigé l’Espagne de 2011 à 2018, est une figure politique controversée, notamment pour son implication dans des affaires de financement illégal de son parti, le Parti populaire (PP), qui a conduit à sa démission en 2018.

Réactions politiques françaises

En France, les déclarations de Mariano Rajoy ont provoqué un tollé dans la classe politique. Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a immédiatement réagi sur le réseau social X (ex-Twitter), dénonçant des propos « xénophobes » et opposant deux visions de la nationalité. Il a affirmé que certains mesurent l’appartenance à un pays par le nom de famille, le lieu de naissance ou la couleur de peau, tandis que d’autres le font par l’attachement au pays et la volonté d’y contribuer. Sanchez a conclu en souhaitant que le meilleur gagne lors du match, mais que « le racisme perde ». D’autres responsables politiques français, comme Olivier Faure (premier secrétaire du Parti socialiste) et Fabien Roussel (Parti communiste), ont également condamné ces propos, qualifiant Rajoy de « raciste » et dénonçant une « haine méthodique » envers la France.

Définition de la nation française

Les responsables politiques français ont réaffirmé que la France n’est pas une « nation ethnique », mais une « nation politique » fondée sur des valeurs républicaines. Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a souligné que l’équipe de France ne comprend que des Français, car être Français ne se réduit pas à une couleur de peau ou à une origine, mais repose sur l’adhésion aux principes de la République. Elle a également invité la Fédération française de football (FFF) à engager des poursuites contre les propos racistes. Aurore Bergé, ministre déléguée à la Lutte contre les discriminations, a critiqué les « dérapages racistes répétés » lors des victoires des Bleus, insistant sur la nécessité de faire du sport un espace où seul le talent compte. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a qualifié les propos de Rajoy d’« absolument inacceptables ».

Réactions en Espagne

En Espagne, les propos de Mariano Rajoy ont également suscité des réactions, notamment de la part du gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. Le ministre des Transports, Oscar Puente, a qualifié l’ancien dirigeant de « post-franquiste », suggérant qu’il n’a jamais été modéré. L’ambassade de France à Madrid a réagi sur les réseaux sociaux en rappelant que les 26 joueurs de l’équipe de France sont français, dont 23 nés en France et 3 nés à l’étranger mais naturalisés. Cette précision vise à contrer l’idée selon laquelle certains joueurs ne seraient pas « assez français » en raison de leurs origines. Le contexte politique espagnol, marqué par une droite conservatrice et des tensions autour des questions identitaires, explique en partie la sensibilité autour de ce sujet.

Ce que ça pourrait changer

Les propos de Mariano Rajoy s’inscrivent dans un contexte plus large de montée des discours racistes en France, notamment autour de l’équipe de France de football. Après des insultes racistes proférées par une sénatrice paraguayenne contre le capitaine **Kylian Mbappé**, les réactions politiques ont été particulièrement vives. Les responsables français ont dénoncé un « festival d’attaques racistes » contre les Bleus, tout en réaffirmant la fierté d’une France « républicaine » et « civique ». Ces incidents rappellent que les débats sur l’identité nationale et l’intégration restent sensibles, surtout lors d’événements sportifs majeurs comme la Coupe du monde, où les performances des joueurs sont souvent associées à des enjeux symboliques plus larges.

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