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Nearly 30 years after Erasmus, university alliances are reshaping Europe’s higher education landscape but still lack visibility

The Conversation France · mis à jour il y a 4 h

As students, academics and university personnel across Europe head back to university, very few are aware that their university is likely to be part of the European University Initiative . Cooperation across European universities strengthened in 2019 with the launch of European university alliances , a project supporting the internationalisation of European higher education, testing action plans and setting priorities for long-term strategic institutional transformation (Estermann et al., 2021).

Alliances universitaires européennes

Depuis 2019, l’Union européenne soutient des alliances universitaires européennes (ou European university alliances), un réseau de plus de 65 partenariats regroupant plus de 570 établissements d’enseignement supérieur et 11 millions d’étudiants à travers l’Europe. Ces alliances visent à renforcer la coopération entre universités, améliorer la compétitivité internationale de l’enseignement supérieur européen et promouvoir une identité et des valeurs communes. Parmi leurs réalisations, on trouve des diplômes conjoints (ou joint degrees), obtenus en étudiant dans plusieurs universités européennes, et la carte étudiante européenne (European Student Card), facilitant la mobilité des étudiants. Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre de l’European University Initiative, un projet lancé pour transformer durablement l’enseignement supérieur en Europe.

Piliers de l'enseignement supérieur

L’enseignement supérieur en Europe repose sur deux piliers principaux : l’enseignement et la recherche & innovation. L’Erasmus+ (issu du programme Erasmus créé en 1987) est le programme le plus connu pour la mobilité étudiante, tandis que le processus de Bologne (lancé en 1999 par 29 pays) a standardisé les diplômes en trois cycles (Bachelor, Master, Doctorat) et introduit le système de crédits ECTS. Pour la recherche, les programmes-cadres comme Horizon Europe (2021-2027, doté de 93,5 milliards d’euros) financent des projets collaboratifs entre universités, centres de recherche et entreprises afin de répondre aux défis mondiaux.

Espace européen de la recherche

En 2000, l’Union européenne a créé l’Espace européen de la recherche (ERA), souvent décrit comme un « marché unique sans frontières pour la recherche et l’innovation ». Ce concept s’inspire des « quatre libertés » du marché unique européen (libre circulation des biens, des capitaux, des personnes et des services) et ajoute une cinquième liberté : la libre circulation des chercheurs, des connaissances et des innovations. L’objectif est de renforcer la coopération entre pays européens en harmonisant les politiques de recherche et en facilitant les échanges. Le rapport Letta (avril 2024) a récemment souligné l’importance de cette cinquième liberté pour l’avenir de l’Europe.

L'agora numérique

Un projet comme aUPaEU 2 illustre la volonté de rapprocher enseignement et recherche en créant une agora numérique partagée. Ce espace digital vise à faciliter la collaboration entre chercheurs, entreprises et citoyens en offrant des services variés : annuaire des expertises, accès aux financements, opportunités de collaboration, gestion des carrières, promotion de la science ouverte et égalité des genres. Cinq universités de deux alliances (Epicur et Unite!) participent à ce projet, chacun gérant une partie des travaux. Cependant, les premières retours montrent que la confiance, traditionnellement construite lors de rencontres physiques, reste un défi en ligne. L’adoption de cette plateforme dépendra aussi de sa compatibilité avec les outils existants.

Ce que ça pourrait changer

Les alliances universitaires européennes font face à deux défis majeurs. D’abord, leur financement est limité à cinq ans, ce qui rend difficile la mise en place de transformations institutionnelles durables. À la fin de cette période, l’incertitude sur la poursuite des projets complique l’établissement de modèles de gouvernance stables. Ensuite, ces alliances restent méconnues des étudiants, des enseignants et du personnel administratif. Leur structure de gouvernance complexe et les différences entre systèmes éducatifs nationaux, langues et cultures rendent difficile la création d’une identité collective forte. Pourtant, c’est en s’appuyant sur des valeurs communes comme l’inclusion, la diversité et la transition écologique que ces alliances pourraient devenir un véritable pilier de l’université européenne transnationale.

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