Quoi qu’on fasse, nous les gros, nous serons toujours jugés, et j’en ai ras le bol
Déjà stigmatisées par la société, les personnes en surpoids doivent en plus se justifier quand elles maigrissent, s’indigne cette autrice australienne qui revendique le droit d’être grosse dans “The Guardian”. Il n’y a pas de bonnes (les régimes) ou mauvaises (l’Ozempic) façons de maigrir, écrit-elle, simplement des corps différents qu’il serait temps de respecter..
Rebecca Shaw, autrice australienne et militante pour les droits des personnes en surpoids, exprime son exaspération face aux jugements constants dont elle et ses pairs font l'objet. Elle explique avoir toujours été en situation de surpoids depuis l'enfance, sans que cela ne change jamais, malgré les critiques sociales omniprésentes. Shaw évoque également son attirance pour l'acteur John Goodman, dont la morphologie lui semble désirable, soulignant ainsi que les normes de beauté sont subjectives et culturellement construites. Elle souligne que, malgré son apparence, elle a toujours été en bonne santé et n'a jamais ressenti le besoin de maigrir, ce qui contraste avec les attentes sociales qui poussent souvent les personnes en surpoids à modifier leur corps.
L'article aborde la polémique suscitée par la perte de poids de John Goodman, révélée par une photo où il apparaît visiblement amaigri. Shaw critique les réactions du public, qui oscillent entre félicitations pour ses efforts et accusations de tricheries, notamment en supposant qu'il aurait utilisé des médicaments comme l'Ozempic. Elle dénonce cette dichotomie où les personnes en surpoids sont jugées différemment selon la méthode choisie pour maigrir : les régimes seraient perçus comme une approche « noble », tandis que les médicaments seraient considérés comme une « tricherie ». Pour Shaw, ces jugements révèlent une hypocrisie sociale où les corps gros sont constamment scrutés et critiqués, quelle que soit leur évolution.
Shaw dénonce la grossophobie, c'est-à-dire la discrimination envers les personnes en surpoids, qui se manifeste par des commentaires intrusifs, des regards désapprobateurs ou des conseils non sollicités. Elle explique que cette stigmatisation ne s'arrête pas aux adultes : les enfants en surpoids sont souvent victimes de moqueries ou de harcèlement, ce qui peut avoir des conséquences psychologiques graves. L'autrice souligne que la société impose une norme de minceur inaccessible, tout en culpabilisant ceux qui ne s'y conforment pas. Elle rappelle que la santé ne se résume pas au poids et que les personnes en surpoids peuvent être en parfaite santé, tandis que d'autres, minces, peuvent souffrir de problèmes médicaux graves.
L'article mentionne l'Ozempic, un médicament initialement conçu pour traiter le diabète de type 2, mais qui est désormais largement utilisé pour la perte de poids en raison de son effet coupe-faim. D'autres médicaments similaires, comme le Wegovy ou le Mounjaro, sont également évoqués. Ces traitements, souvent coûteux, suscitent des débats : certains les voient comme une solution médicale légitime, tandis que d'autres les considèrent comme une échappatoire facile à la discipline alimentaire. Shaw ne prend pas position sur leur usage, mais critique le fait que leur utilisation devienne un sujet de jugement moral plutôt qu'une question de santé individuelle.
À travers son article, Shaw revendique le droit pour les personnes en surpoids de vivre sans être constamment évaluées ou critiquées. Elle refuse l'idée qu'il existe des « bonnes » ou « mauvaises » façons de maigrir, car selon elle, chaque corps a le droit d'exister tel qu'il est. Elle appelle à un changement de mentalité où la diversité des morphologies serait acceptée et respectée, sans que les individus n'aient à justifier leurs choix ou leur apparence. Son message s'inscrit dans une démarche de lutte contre les discriminations liées au poids, qu'elle qualifie de *grossophobie*, et plaide pour une société plus inclusive et moins normative.

