Le Panama et le Salvador sonnent l’alerte face à El Niño
Le canal de Panama va notamment réduire à compter du 3 septembre son trafic de 36 à 34 transits par jour..
El Niño est un phénomène climatique naturel qui se produit tous les deux à sept ans. Il se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans le centre et l'est de l'océan Pacifique équatorial. Ce réchauffement modifie les courants marins et les vents, ce qui perturbe les conditions météorologiques à l'échelle mondiale. En temps normal, les eaux chaudes du Pacifique sont concentrées près de l'Indonésie, mais pendant El Niño, elles se déplacent vers l'Amérique du Sud. Cela entraîne des sécheresses dans certaines régions, comme l'Amérique centrale, et des pluies intenses ailleurs. Par exemple, l'Australie peut connaître des incendies tandis que le Pérou subit des inondations. El Niño s'ajoute au réchauffement climatique d'origine humaine, ce qui pourrait rendre l'année 2027 encore plus chaude que les précédentes.
Le Panama a déclaré l'état d'urgence le 25 août 2026 face à El Niño, qui aggrave une situation déjà difficile pour le pays. Le canal de Panama, une voie maritime essentielle reliant les océans Atlantique et Pacifique, est directement menacé par ce phénomène. En effet, le manque d'eau dû à la sécheresse réduit le niveau des réservoirs qui alimentent le canal. Pour y faire face, l'Autorité du canal de Panama a annoncé une réduction progressive du trafic maritime : à partir du 3 septembre 2026, le nombre de transits quotidiens passera de 36 à 34, puis à 32 à partir de mi-septembre. Environ 5 % du commerce maritime mondial transite par ce canal de 80 kilomètres de long. L'état d'urgence permet d'accélérer les procédures administratives pour mieux préparer le pays aux conséquences d'El Niño.
Le Salvador a également déclaré l'alerte maximale le 25 août 2026 en raison d'El Niño, qui provoque une sécheresse généralisée dans le pays. Selon les autorités environnementales, 14 records de températures ont été battus en août 2026. Une alerte rouge a été instaurée pour surveiller les ressources en eau et les cultures, identifier les zones en situation d'urgence et renforcer la surveillance des maladies. La sécheresse a entraîné une baisse du niveau des sources d'eau et la perte de récoltes : la première récolte de céréales de base devrait subir une perte d'environ 20 % de la production. Le gouvernement a annoncé une aide alimentaire pour les agriculteurs touchés. Le Salvador fait partie du couloir sec de l'Amérique centrale, une région particulièrement vulnérable aux phénomènes climatiques extrêmes.
El Niño affecte une grande partie de l'Amérique centrale et du sud du Mexique, jusqu'au nord du Brésil et aux rives du Pacifique. Environ 110 millions de personnes ont vécu le mois de juillet 2026 comme le plus chaud jamais enregistré, selon les données du programme européen Copernicus. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies estime que l'Amérique centrale pourrait être la région la plus touchée en termes d'augmentation de l'insécurité alimentaire à cause d'El Niño. D'autres pays de la région, comme le Honduras, subissent également des pertes de récoltes, notamment de maïs et de haricots. Près de 80 % du territoire hondurien est en état d'alerte. Ces événements illustrent l'impact croissant des phénomènes climatiques extrêmes sur les populations et les économies locales.

