Modernisation et performances de Windows 11 : Microsoft a encore des choses à dire
Plusieurs publications récentes montrent encore un peu plus la manière dont Microsoft négocie le virage actuel de Windows 11. Outre des explications sur la complexité d’une modernisation à marche forcée pour des raisons d’héritage, l’entreprise a lancé plusieurs composants dédiés aux performances.
Microsoft mène depuis 2026 une initiative nommée K2 visant à améliorer l’image de Windows 11, un système d’exploitation souvent critiqué pour son interface rigide, sa personnalisation limitée et son intégration croissante de fonctionnalités basées sur l’intelligence artificielle. Le projet cherche à corriger ces points faibles en améliorant les performances, la fiabilité et la compatibilité du système. Parmi les axes de travail figurent la modernisation de l’interface, le recul partiel de l’IA dans certaines fonctionnalités, et une meilleure gestion des ressources. Une mise à jour majeure, la 26H2, prévue pour l’automne 2026, devrait marquer une étape importante dans ces améliorations, bien que le processus s’étende au-delà de cette date.
La compatibilité descendante est un atout historique de Windows, permettant d’exécuter des logiciels anciens sur des versions récentes du système. Marcus Ash, vice-président de Microsoft chargé de la conception et de la recherche pour Windows, souligne que cette fonctionnalité, bien qu’avantageuse pour les utilisateurs, complique la modernisation de Windows 11. En effet, le système doit conserver des pans de code hérités, comme l’ancien Panneau de configuration ou l’Explorateur de fichiers, pour garantir que les outils et flux de travail existants continuent de fonctionner. Microsoft procède donc à une modernisation progressive, en désactivant des zones obsolètes au fur et à mesure que des alternatives modernes, comme les Paramètres ou le framework WinUI 3, sont validées.
Microsoft travaille à moderniser non seulement l’interface de Windows 11, mais aussi ses outils internes, comme l’Éditeur du Registre (ou Regedit), un utilitaire technique permettant de modifier des paramètres système avancés. Le framework WinUI 3, renommé simplement WinUI, est au cœur de cette transformation, car il sert de base pour les nouvelles interfaces utilisateur du système. Marcus Ash explique que le choix des outils à moderniser repose sur des critères comme l’usage réel, les données de télémétrie et les retours des clients. Par exemple, le Panneau de configuration historique est progressivement réduit, tandis que les Paramètres modernes prennent le relais, bien que certaines fonctionnalités restent accessibles pour éviter de rompre la compatibilité.
Pour simplifier l’analyse des performances sur Windows 11, Microsoft a introduit deux nouveaux outils basés sur l’intelligence artificielle : WPA MCP et ETW MCP. Ces outils s’appuient sur des technologies existantes comme ETW (Event Tracing for Windows), un système intégré qui enregistre en temps réel les activités du système (démarrage des programmes, utilisation du processeur, accès au disque, etc.), et WPA (Windows Performance Analyzer), un outil technique destiné aux développeurs et administrateurs système pour diagnostiquer les problèmes de performance. WPA MCP permet d’interroger ces données en langage naturel via des agents comme Copilot, rendant l’analyse accessible à un public plus large sans nécessiter de connaissances techniques approfondies.
Les serveurs **WPA MCP** et **ETW MCP** sont conçus pour démocratiser l’analyse des performances sous Windows 11. WPA MCP offre une interface graphique simplifiée, permettant de poser des questions en langage naturel, comme *« Pourquoi cette application est-elle lente ? »*, et d’obtenir des réponses visuelles sous forme de graphiques ou de tableaux. ETW MCP, quant à lui, est une version en ligne de commande, destinée aux utilisateurs avancés ou aux scripts automatisés. Les deux outils utilisent les mêmes données brutes issues d’ETW, mais ETW MCP se concentre sur l’efficacité et la rapidité d’exécution. Microsoft précise que ces outils sont encore en phase de préversion et que leurs résultats doivent être vérifiés manuellement, car les réponses générées par l’IA peuvent contenir des erreurs ou des omissions.

