Un label '100 % humain' pour les livres : les éditions de l'Observatoire expliquent leur certification 'Sanctuaire'
En pleine affaire Thélyson Orélien, les Éditions de l'Observatoire viennent d'annoncer un nouveau label intitulé 'Sanctuaire', pour garantir des livres 100 % humain. La directrice littéraire de la fiction de cette petite maison précise comment est née cette initiative et ce qu'elle va impliquer..
Les Éditions de l'Observatoire, une maison d'édition française, lancent un label inédit appelé Sanctuaire à partir du 1er octobre 2026. Ce label garantit que les livres publiés sous cette certification sont entièrement écrits par des humains, sans utilisation de l'intelligence artificielle générative. Il sera mentionné en début d'ouvrage et en quatrième de couverture. Ce label intervient dans un contexte marqué par l'affaire Thélyson Orélien, où un livre accusé d'avoir été généré par IA a été retiré de la sélection du prix Goncourt. Les Éditions de l'Observatoire publient entre 10 et 12 titres par an et comptent parmi les premières maisons d'édition en France à proposer une telle certification.
L'idée du label Sanctuaire a été mûrie depuis plusieurs mois par Emma Saudin, directrice littéraire de la fiction aux Éditions de l'Observatoire. En mai 2026, la maison a publié un essai d'Abel Quentin intitulé Sanctuaires, résister à l’invasion de l’IA générative, qui critique l'utilisation croissante de l'IA dans la création littéraire. Cet essai a inspiré Emma Saudin à proposer une réponse concrète sous forme de label. Le premier livre labellisé sera Consonno, de Gaspard Koenig, publié le 1er octobre 2026. L'objectif est de préserver la littérature comme un espace de création purement humain, en opposition à l'essor des outils d'IA générative.
Le label Sanctuaire repose sur un engagement contractuel entre l'éditeur, l'auteur et les lecteurs. Dès la soumission d'un manuscrit, Emma Saudin aborde le sujet avec l'auteur, qui signe une clause stipulant qu'aucun recours à l'IA générative n'a été utilisé dans l'écriture du livre. Cette clause est juridiquement contraignante et engage la responsabilité de l'auteur. En cas de non-respect, la publication pourrait être annulée. Le label est présenté comme un pacte de confiance, où l'éditeur mise sur des échanges humains approfondis avec les auteurs, sans recourir à des outils de détection automatisés, jugés peu fiables et contre-productifs.
Le label Sanctuaire s'applique à l'ensemble des publications des Éditions de l'Observatoire, y compris les auteurs déjà édités. Emma Saudin souligne que cette initiative vise à créer une dynamique collective dans le milieu éditorial. Actuellement, aucun projet similaire n'est porté par le Syndicat national de l'édition (SNE), mais plusieurs éditeurs partagent cette volonté de résistance à l'IA générative. L'objectif est de fédérer d'autres maisons d'édition autour de cette certification, afin de renforcer la crédibilité et l'impact du mouvement. Le timing de l'annonce coïncide avec l'affaire Thélyson Orélien, ce qui a accentué l'attention portée à cette initiative.
Emma Saudin rejette catégoriquement l'utilisation de l'IA générative dans la création littéraire, la qualifiant de menace pour l'authenticité de la création humaine. Elle critique également les outils de détection d'IA, non seulement pour leur manque de fiabilité, mais aussi parce qu'ils contribuent à alimenter les modèles d'IA en analysant des textes. Pour elle, la littérature doit rester un domaine où l'humain est au cœur du processus créatif. Elle insiste sur l'importance de préserver une relation de confiance entre éditeurs, auteurs et lecteurs, fondée sur des échanges authentiques et une création artisanale.
L'annonce du label *Sanctuaire* s'inscrit dans un débat plus large sur l'impact de l'IA dans la société, notamment dans les domaines culturels et intellectuels. Emma Saudin considère que l'édition doit être un bastion de résistance face à l'invasion de l'IA, en défendant des valeurs éthiques et philosophiques. Elle espère que cette initiative inspirera d'autres acteurs du secteur à adopter des mesures similaires. Bien que le label soit une première en France pour une maison d'édition de cette envergure, son succès dépendra de l'adhésion d'autres éditeurs et du soutien des lecteurs, qui sont au cœur de ce pacte de confiance.

