" Retour à Gabily "
À l’occasion des 30 ans de la mort de Didier-Georges Gabily, auteur, metteur en scène, directeur du groupe T’chan’G !, une soirée pour découvrir ou redécouvrir l’œuvre puissante, exigeante et souvent visionnaire de cet écrivain précurseur..
Didier-Georges Gabily (1956-1996) était un auteur, metteur en scène et directeur de théâtre français, considéré comme une figure majeure de l’écriture théâtrale contemporaine. À seulement 40 ans, sa disparition brutale en 1996 a marqué un tournant dans le paysage culturel, survenant peu après celles d’autres grands noms comme Bernard-Marie Koltès (1989) et Jean-Luc Lagarce (1995). Gabily a laissé une œuvre dense, mêlant romans et pièces de théâtre, caractérisée par une langue riche et littéraire, inspirée par des auteurs classiques comme Eschyle, Robert Garnier ou Paul Claudel. Ses textes, souvent courts ou sous forme de Journal, ont été publiés en deux volumes par les éditions Actes Sud, qui ont accompagné son travail. Son style, à la fois exigeant et visionnaire, explore des thèmes comme l’identité, la mémoire et la condition humaine, tout en refusant les conventions théâtrales traditionnelles.
À l’occasion des 30 ans de sa mort, une soirée spéciale intitulée « Retour à Gabily » a été organisée lors du Festival d’Avignon 2026, dans le jardin du musée Calvet. Cet événement, enregistré en public et diffusé sur France Culture, rend hommage à son héritage artistique. Stanislas Nordey, son ami et metteur en scène, a joué un rôle central dans cette initiative. Il a notamment publié un texte inédit de Gabily, « Zoologie », premier volet d’un cycle à venir, aux Éditions Espaces 34 qu’il dirige depuis juillet 2025. Cette soirée a également mis en lumière des extraits de ses œuvres, comme « À tout va », « Notes de travail », « Chimère et autres bestioles », « Violences et Contention », choisis par Nordey et Sophie-Aude Picon. L’objectif était de faire redécouvrir une œuvre puissante, souvent méconnue du grand public.
L’œuvre de Gabily se distingue par une langue ample et poétique, nourrie de références classiques mais aussi d’une exploration des corps, des visages et des voix. Ses textes abordent des thèmes comme la fugacité de l’existence (« Nous ne figurons pas dans le paysage »), la quête d’identité et la résistance aux normes sociales. Dans un extrait de « Violences et Contention », il écrit : « Nous ne pouvons demeurer là, dans cette vieille fête… il y eut une fête, il y en eut une jadis, dit-on », évoquant une nostalgie teintée de mélancolie. Ses pièces, souvent qualifiées d’inaccomplies ou de fragmentaires, refusent les structures théâtrales traditionnelles pour mieux capturer la complexité de l’expérience humaine. Cette approche a influencé des générations de metteurs en scène et d’auteurs.
La soirée « Retour à Gabily » a réuni une distribution prestigieuse, avec Emmanuelle Béart, Océane Caïraty, Vincent Dedienne et Stanislas Nordey dans les rôles principaux. La musique, composée par Olivier Mellano, a accompagné les lectures et les performances, tandis que la réalisation était assurée par Sophie-Aude Picon. L’enregistrement a eu lieu en direct lors du Festival d’Avignon 2026, un événement culturel majeur en France. L’équipe technique, dirigée par Bastien Varigault, Paola Colin et Jean-Benoît Têtu, a veillé à la qualité de la captation. Alice Pic a assuré l’assistanat à la réalisation, et Oriane Delacroix était responsable éditoriale, avec Caroline Ouazana comme conseillère littéraire.
Stanislas Nordey, ami proche de Gabily, joue un rôle clé dans la préservation et la diffusion de son œuvre. En publiant *« Zoologie »*, premier texte d’un cycle inédit, il souhaite prolonger l’exploration de l’univers gabilien. Les éditions Espaces 34, qu’il dirige depuis juillet 2025, deviennent ainsi un nouveau lieu de publication pour ces textes méconnus. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de faire redécouvrir Gabily, dont l’œuvre, bien que publiée chez Actes Sud, reste peu accessible au grand public. Nordey et ses collaborateurs espèrent ainsi élargir l’audience de cet auteur précurseur, dont l’influence sur le théâtre contemporain reste profonde.

