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Les mères jouent aux jeux vidéo pour décompresser, mais la culpabilité les empêche d’en profiter pleinement

Science & Vie · mis à jour 1 sept.

Jouer aux jeux vidéo aide les mères à récupérer du stress parental, selon une étude australienne publiée dans Communication Research and Practice. La culpabilité et des jeux impossibles à mettre en pause limitent ce bénéfice..

Jeux vidéo et mères

Une étude récente révèle que les mères jouent aux jeux vidéo principalement pour se détendre et évacuer le stress du quotidien. Cette pratique, bien que bénéfique pour leur bien-être mental, est souvent entravée par un sentiment de culpabilité. Les jeux vidéo sont perçus comme une activité non productive ou frivole, ce qui pousse certaines mères à minimiser leur temps de jeu ou à se sentir mal à l’aise lorsqu’elles y consacrent du temps. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où les responsabilités parentales et professionnelles pèsent lourdement sur leur quotidien. Les jeux vidéo, pourtant reconnus pour leurs vertus relaxantes et leur capacité à stimuler la concentration, deviennent alors une source de stress supplémentaire plutôt qu’un exutoire.

Culpabilité et pression sociale

La culpabilité ressentie par les mères qui jouent aux jeux vidéo est renforcée par des normes sociales et culturelles qui associent la maternité à un dévouement total et ininterrompu. Les attentes envers les mères sont souvent élevées, les incitant à privilégier les tâches domestiques ou éducatives au détriment de leurs loisirs. Cette pression sociale est d’autant plus forte que les jeux vidéo sont encore largement perçus comme une activité réservée aux enfants ou aux adolescents, voire comme un simple divertissement sans valeur ajoutée. Pourtant, des études montrent que les jeux vidéo peuvent améliorer la coordination, la réflexion stratégique et même réduire le stress, mais ces bénéfices sont souvent ignorés ou minimisés dans le cas des mères.

Impact sur le bien-être

Le sentiment de culpabilité lié au jeu vidéo chez les mères a un impact direct sur leur capacité à profiter pleinement de cette activité. Au lieu de se concentrer sur le plaisir ou la détente, elles restent préoccupées par l’idée de négliger leurs obligations ou de ne pas être à la hauteur de leur rôle parental. Cela peut entraîner une réduction du temps consacré aux jeux vidéo, limitant ainsi les bénéfices potentiels pour leur santé mentale. Les chercheurs soulignent que cette culpabilité, bien que compréhensible, est contre-productive, car elle transforme une activité bénéfique en une source de stress supplémentaire. Des solutions, comme la normalisation de ces loisirs ou la création de communautés de mères joueuses, pourraient aider à atténuer ce phénomène.

Représentations et stéréotypes

Les stéréotypes de genre jouent un rôle clé dans la perception des mères joueuses. Historiquement, les jeux vidéo ont été associés à une culture masculine, ce qui peut rendre les mères réticentes à s’identifier comme joueuses par crainte d’être jugées. Cette stigmatisation est renforcée par des représentations médiatiques qui montrent rarement des femmes adultes en train de jouer. Pourtant, les données indiquent que près de 40 % des joueuses dans le monde sont des femmes de plus de 18 ans, un chiffre qui inclut bien sûr les mères. La société doit donc évoluer pour reconnaître que le jeu vidéo est une activité universelle, accessible à tous, quel que soit l’âge ou le genre.

Ce que ça pourrait changer

Pour permettre aux mères de profiter pleinement des jeux vidéo sans culpabiliser, plusieurs pistes sont envisagées. La première consiste à sensibiliser l’entourage, notamment les partenaires et les enfants, sur les bienfaits de cette activité. Une autre approche serait de créer des espaces dédiés aux mères joueuses, où elles pourraient échanger et partager leurs expériences sans jugement. Enfin, les développeurs de jeux pourraient concevoir des titres plus adaptés aux adultes, avec des mécaniques moins exigeantes en temps et plus axées sur la détente. Ces initiatives pourraient contribuer à briser les préjugés et à normaliser le jeu vidéo comme une activité légitime pour toutes les tranches de la population.

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