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Droit

À Samarcande, un sommet pour changer la vie des enfants

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 15 j

Face aux conflits, à la pauvreté et au dérèglement climatique, investir dans la santé, l’éducation et la protection des enfants est plus urgent que jamais. Réunis à Samarcande, en Ouzbékistan, plus de 600 participants venus de plus de 100 pays cherchent des solutions pour garantir à chaque enfant les conditions nécessaires à son épanouissement..

Sommet à Samarcande

Un sommet mondial intitulé « Investir dans le bien-être des enfants » s’est tenu à Samarcande, en Ouzbékistan, du 15 au 21 octobre 2026. Organisé sous l’égide des Nations Unies, cet événement a réuni des responsables politiques, des experts, des représentants de la société civile, du secteur privé ainsi que des enfants et adolescents. Son objectif était de faire du bien-être des enfants une priorité concrète dans les politiques publiques et les investissements, alors que le monde fait face à des crises multiples comme les conflits, les difficultés économiques, les urgences sanitaires, la pauvreté et les chocs climatiques. Le sommet a mis l’accent sur des enjeux clés comme la santé, l’accès à l’éducation, la protection contre la violence, le soutien familial et l’accès aux services essentiels pour permettre aux enfants de grandir et de réaliser leur potentiel.

Progrès menacés

Malgré des avancées réalisées ces dernières décennies, les progrès en matière de bien-être des enfants sont aujourd’hui fragilisés par plusieurs crises. Selon le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, les conflits, les difficultés économiques, les urgences sanitaires, la pauvreté et les chocs climatiques touchent particulièrement les enfants les plus vulnérables. De plus, l’aide humanitaire et au développement diminue, tandis que les pays en développement subissent un lourd fardeau de la dette. Guterres a souligné que la réponse doit dépasser les programmes isolés et reposer sur des systèmes coordonnés pour répondre efficacement aux besoins des enfants. Il a rappelé qu’investir dans les enfants, c’est investir dans l’avenir, mais que ces investissements sont aujourd’hui insuffisants.

Engagements concrets

Lors du sommet, Khalilur Rahman, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, a appelé les gouvernements à transformer leurs engagements en actions concrètes pour améliorer la vie quotidienne des enfants. Il a défini quatre priorités : placer les besoins des enfants avant les considérations administratives, adapter les services et la protection sociale à leurs besoins, atteindre les populations les plus marginalisées et traduire les engagements politiques en financements avec des responsabilités clairement définies et des échéances précises. Il a également plaidé pour une transformation numérique centrée sur les enfants, afin que les nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, élargissent leurs possibilités tout en les protégeant contre l’exploitation, la discrimination ou les atteintes à la vie privée. Les progrès ne doivent pas être mesurés uniquement par des moyennes nationales, mais aussi par la réduction des inégalités touchant les enfants pauvres, handicapés ou victimes de conflits.

Avertissement de l'Ouzbékistan

La Première dame d’Ouzbékistan, Ziroat Mirziyoyeva, a alerté sur les conséquences de la forte diminution de l’aide humanitaire internationale. Selon des projections citées par des experts, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans devait augmenter en 2025 pour la première fois au cours de ce siècle, ce qui constitue un grave avertissement. Elle a également souligné qu’un milliard d’enfants vivent dans des pays très vulnérables aux effets du changement climatique, illustrant l’ampleur des défis auxquels sont confrontées les jeunes générations. Ces déclarations ont mis en lumière l’urgence d’agir pour protéger les enfants face à ces multiples crises.

Exemple ouzbek

En Ouzbékistan, où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, le bien-être des enfants est une priorité nationale. Avec le soutien des agences des Nations Unies, le pays a engagé des réformes pour renforcer les services sociaux et améliorer l’accès à l’éducation préscolaire. Par exemple, le taux de scolarisation préscolaire est passé de 27 % en 2017 à 78 % en 2026. Plus de 10 000 enfants handicapés fréquentent désormais des écoles ordinaires, et environ 1,5 million de familles bénéficient d’une aide sociale. L’UNICEF note une forte diminution de la proportion d’enfants vivant dans la pauvreté monétaire, grâce aux dispositifs de soutien mis en place. En 2025, le pays a adopté une loi pour protéger les enfants contre toutes les formes de violence et une stratégie d’action pour la période 2026-2030.

Cancer infantile

Le sommet a également accueilli le deuxième Congrès international sur le cancer infantile, intitulé « De la guérison au bien-être », consacré à l’oncologie et à l’hématologie pédiatriques. Les inégalités d’accès aux traitements restent considérables : selon l’OMS, plus de 80 % des enfants atteints d’un cancer guérissent dans les pays à revenu élevé, contre moins de 30 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Chaque année, environ 400 000 enfants et adolescents reçoivent un diagnostic de cancer dans le monde. L’OMS s’est fixé pour objectif de porter le taux de survie mondial à 60 % d’ici à 2030. Cependant, le bien-être des jeunes patients ne se limite pas à leur prise en charge médicale. Par exemple, en Ouzbékistan, l’établissement Mehrli Maktab permet aux enfants de poursuivre leur scolarité pendant leurs traitements au sein d’un centre médical spécialisé, en leur offrant des activités éducatives et sociales pour maintenir un lien avec l’apprentissage.

Ce que ça pourrait changer

Najat Maalla M’jid, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants, a souligné l’importance de donner la parole aux enfants. Selon elle, ils ont une voix, des idées et une expertise qui doivent être prises en compte dans les décisions les concernant. Elle a appelé à faire des enfants non seulement des bénéficiaires des politiques publiques, mais aussi des acteurs à part entière des décisions qui façonnent leur avenir. Cette approche a été illustrée par la participation d’anciens patients du *Mehrli Maktab* au sommet, qui ont témoigné de leur expérience pour montrer l’importance d’écouter les jeunes et de les impliquer dans les solutions.

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