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Géopolitique

La Russie consolide sa présence en Syrie

Le Grand Continent · mis à jour il y a 27 j

Le pouvoir syrien, tout en se rapprochant des pays occidentaux et du Golfe, devrait permettre à Moscou de conserver une présence à Tartous et à Hmeimim. L’article La Russie consolide sa présence en Syrie est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Nouveau centre logistique

La Russie prévoit d’inaugurer d’ici quelques jours un centre logistique commercial sur l’un des deux postes d’amarrage de sa base navale à Tartous, en Syrie. Ce projet, développé par l’entreprise syrienne Rus Line en collaboration avec des sociétés russes regroupées au sein du Conseil d’affaires russo-syrien, a été présenté au président syrien Ahmed al-Sharaa lors d’une rencontre avec Vladimir Poutine à Moscou en janvier 2026. Ce centre aura pour mission d’acheminer vers la Syrie des marchandises russes comme du blé, des huiles végétales, de l’acier, du charbon et d’autres denrées alimentaires. Le volume initial de fret est estimé à 250 000 tonnes par mois. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de la présence économique et militaire russe en Syrie, malgré la chute du régime de Bachar el-Assad en décembre 2024.

Rôle des bases russes

Les bases de Tartous et de Hmeimim, situées en Syrie, jouent un rôle stratégique pour la Russie. Elles permettent à Moscou de ravitailler ses navires en Méditerranée et de soutenir ses opérations militaires en Afrique. En mai 2026, des images satellites ont révélé qu’un cargo russe avait livré du matériel militaire à la base de Hmeimim, confirmant que la Russie maintient une présence militaire en Syrie malgré la fin du régime d’el-Assad. Ces bases sont également essentielles pour la Russie afin de sécuriser ses approvisionnements et ses exportations vers des pays voisins comme l’Irak et la Jordanie. Leur maintien est donc un enjeu clé pour l’influence russe dans la région.

Dépendance économique syrienne

La Syrie reste fortement dépendante de la Russie pour ses importations, notamment pour 85 % de son blé, dont une partie provient de la Crimée occupée par la Russie, et pour la majeure partie de ses importations de pétrole. Cette dépendance économique renforce la position de Moscou, qui peut ainsi peser sur les décisions de Damas. Par exemple, le centre logistique prévu à Tartous permettrait à la Russie d’exporter davantage de produits vers la Syrie et d’autres pays de la région, consolidant ainsi son influence économique et politique. Cette situation illustre comment la Russie utilise à la fois des leviers économiques et militaires pour maintenir son emprise sur la Syrie.

Rapprochement avec l'Occident

Malgré son alliance avec la Russie, la Syrie cherche à se rapprocher des pays occidentaux et du Golfe. En juillet 2026, le président syrien Ahmed al-Sharaa s’est rendu en France pour une visite officielle d’Emmanuel Macron, marquant la première visite d’un chef d’État occidental en Syrie depuis l’arrivée au pouvoir d’al-Sharaa. Peu après, il a participé au sommet de l’OTAN à Ankara, où il a rencontré le président américain. Ce dernier a annoncé son intention de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme, une décision effective le 22 août 2026. Les États-Unis avaient déjà levé une partie des sanctions sur la Syrie en 2025 et abrogé le Caesar Act en décembre 2025. Ce rapprochement avec l’Occident pourrait compliquer les relations entre Damas et Moscou, mais il ne remet pas en cause la présence russe en Syrie.

Ce que ça pourrait changer

La Russie et la Syrie entretiennent des relations complexes, marquées par une dépendance mutuelle. Pour Moscou, le maintien de ses bases en Syrie est crucial pour conserver son influence en Méditerranée et en Afrique. Pour Damas, la Russie reste un partenaire indispensable pour ses approvisionnements et sa stabilité politique. Cependant, le rapprochement de la Syrie avec l’Occident et le Golfe pourrait créer des tensions avec Moscou. Plusieurs responsables américains espéraient que la chute d’el-Assad priverait la Russie de ses bases syriennes, mais cette hypothèse ne s’est pas réalisée. La situation actuelle montre que la Russie a su adapter sa stratégie pour conserver sa présence en Syrie, malgré les changements politiques et les pressions internationales.

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