COP17 : le vivant au sommet des États
Du 19 au 30 octobre, la COP17 biodiversité réunit les États à Erevan. Quatre ans après l’accord de Kunming-Montréal, l’heure est au premier bilan : les engagements pris pour 2030 commencent-ils réellement à produire des effets ?.
La COP17 biodiversité s’est tenue à Erevan, en Arménie, du 19 au 30 octobre 2024. Il s’agit de la 17ᵉ édition de la Conference of the Parties (COP), un sommet international où les États se réunissent pour discuter des enjeux liés à la protection du vivant. Cette édition marque le premier bilan des engagements pris en 2022 lors de l’accord de Kunming-Montréal, qui avait fixé 23 cibles à atteindre d’ici 2030 pour stopper la perte de biodiversité. Parmi ces objectifs figurent la protection de 30 % des terres et des mers, la réduction des pesticides et la lutte contre la pollution. La COP17 sert ainsi à évaluer les progrès réalisés et à ajuster les stratégies des États.
Quatre ans après l’accord de Kunming-Montréal, les États ont progressé dans la mise en œuvre de leurs engagements, mais les avancées restent insuffisantes. Les politiques publiques nationales peinent souvent à s’aligner sur les objectifs communs, et les financements promis par les pays développés aux pays du Sud pour soutenir ces efforts sont encore loin des besoins estimés. Par exemple, les pays du Sud, qui abritent une grande partie de la biodiversité mondiale, soulignent leur manque de moyens pour appliquer ces mesures. De plus, des obstacles comme le manque de données précises ou des désaccords entre États freinent la coopération internationale.
La question du financement est centrale lors de la COP17. Les pays du Sud, souvent riches en biodiversité mais pauvres en ressources financières, réclament un soutien accru des pays industrialisés pour atteindre les objectifs de 2030. Pourtant, les fonds alloués restent insuffisants par rapport aux besoins estimés. Par exemple, les engagements financiers pris lors de l’accord de Kunming-Montréal n’ont pas encore été pleinement honorés, ce qui limite la capacité des pays en développement à protéger leurs écosystèmes. Cette inégalité financière crée des tensions entre les nations lors des négociations.
Avant et pendant les COP, les scientifiques jouent un rôle clé en fournissant des données et des analyses aux négociateurs. Leurs travaux sont synthétisés et adaptés pour influencer les textes officiels. Par exemple, les études sur l’état des océans ou les savoirs des peuples autochtones sont intégrées aux discussions pour enrichir les débats. Ces contributions permettent de repenser la biodiversité non plus comme une simple liste d’espèces ou d’espaces à protéger, mais comme un système complexe où les interactions entre les êtres vivants et leur environnement sont essentielles.
La COP17 marque une évolution dans la prise en compte de la biodiversité, avec l’intégration croissante des savoirs autochtones et des enjeux océaniques. Les peuples autochtones, dont les connaissances traditionnelles sur la gestion des écosystèmes sont reconnues, voient leur rôle renforcé dans les négociations. De même, les océans, souvent négligés dans les précédentes COP, deviennent un sujet central, notamment en raison de leur rôle crucial dans la régulation du climat et la biodiversité marine. Ces nouvelles perspectives obligent à repenser les approches de conservation pour qu’elles soient plus inclusives et adaptées aux réalités locales.
Malgré les avancées, la coopération internationale reste fragile. Les États ont des priorités et des intérêts divergents, ce qui complique l’adoption d’accords ambitieux. Par exemple, certains pays privilégient le développement économique à court terme, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de protéger les écosystèmes pour les générations futures. De plus, le manque de données harmonisées entre les pays rend difficile l’évaluation précise des progrès réalisés. Ces obstacles soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de collaboration et de transparence pour que la COP17 puisse aboutir à des résultats concrets.

